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lundi 27 juin 2022

La société civile appelée à s’impliquer davantage/ Handicapés : des avancées mais beaucoup reste à faire

Tous les ans a lieu la Journée nationale des personnes handicapées, une occasion de nous rappeler cette frange et faire le douloureux bilan de la situation réelle du nombre important de citoyens handicapés que compte l’Algérie.

Par Meriem Benchaouia
Cette journée nous permet aussi de réaffirmer certains principes de base trop souvent oubliés, tels le respect et la dignité dus à chaque personne, ce qui implique la reconnaissance des droits fondamentaux, à savoir l’éducation, l’accès au travail ainsi qu’à un revenu pour les personnes lourdement handicapées et dont les parents ont la charge. Malgré des progrès accomplis au cours de la dernière décennie, beaucoup reste à faire en matière d’égalité des chances des personnes handicapées et du respect de leurs droits. Dans la société algérienne, qui compte des millions de personnes handicapées, il existe d’énormes obstacles les empêchant d’exercer leurs droits et libertés et de participer pleinement aux activités de la société. La mobilisation des associations et les quelques timides efforts des pouvoirs publics n’ont su venir à bout d’une forme d’exclusion sociale particulièrement cruelle. En effet, Ils sont confrontés à une discrimination directe ou indirecte dans tous les secteurs de leur vie quotidienne. Les lieux dits «publics» sont totalement inaccessibles aux personnes souffrant d’un handicap physique et ce, en dépit du fait que l’accès soit parfois garanti par la loi. La nouvelle Constitution, dans son article 213, a consacré la démocratie participative et le rôle de la société civile dans la prise de décision au service de l’intérêt national. Elle met le mouvement associatif au cœur de cette démarche, une nouveauté phare visant à faire de la société civile un partenaire essentiel et permanent dans le développement local. Des associations, actives depuis plusieurs décennies en Algérie, veulent aujourd’hui s’ériger en partenaires des pouvoirs publics dans l’élaboration des lois concernant les catégories qu’elles représentent, à l’instar de la Fédération nationale des personnes handicapées. La frange des personnes en situation de handicap est certes l’une des plus vulnérables de la société, mais pas pour autant inactive, à l’image de la Fédération nationale des personnes handicapées. Plus de 1 700 associations spécialisées activent sans relâche sur le terrain,mais sur la question de la prise en charge de cette catégorie beaucoup reste à faire. L’engagement des pouvoirs publics quant à leur prise en charge réelle pour favoriser leur insertion et notamment en agissant concrètement pour l’encadrement, la scolarisation, l’intégration et la mise en place de structures adéquates, reste insuffisant. L’on devrait pour cette journée se fixer des objectifs par des actions concrètes, qui fassent avancer l’application des normes et règles internationales relatives aux personnes handicapées et progresser leur participation à la vie sociale et au développement, au même titre que les autres personnes. L’occasion est telle que les médias ont un rôle particulièrement important à jouer et peuvent concourir au succès de cette journée et tout au long de l’année pour sensibiliser le public aux contributions positives des personnes handicapées. Outre de rattraper le retard accusé en matière de facilitation d’accès des personnes aux besoins spécifiques aux différents espaces et structures publics, il est plus que nécessaire de garantir les autres droits offerts à cette frange, dont le droit à l’éducation et à l’insertion professionnelle et sociale. La cherté de la vie devient insoutenable pour les personnes normales, alors que dire des personnes handicapées.

M. B.

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