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mercredi 1 février 2023

La scène du monde sur laquelle s’ouvrira le rideau le 1er janvier prochain

Donald Trump a annoncé sa candidature à la prochaine présidentielle américaine, celle de 2024, dans la foulée des élections de mi-mandat de novembre, dont pourtant les résultats n’ont pas été ceux que lui et son camp avaient espérés. Ils s’attendaient à ce que les deux chambres du Congrès passent sous leur contrôle, ce qui n’a pas été tout à fait le cas, puisque l’une d’elles seulement, la Chambre des représentants, qui se réunira pour la première fois le 3 janvier 2023, sera dominée par eux, avec une avance de 10 sièges sur leurs rivaux, les démocrates, ce qui n’est pas négligeable. Ce qui serait même largement suffisant si la discipline, de vote notamment, régnait dans leurs rangs, ce qui ne semble pas pouvoir être le cas, et qui n’est d’ailleurs pas dans la tradition américaine, où le parti majoritaire, comme le parti minoritaire, doivent toujours compter avec un certain nombre d’indépendants, et autres mauvais coucheurs, en leur sein. Il n’existe pas aux Etats-Unis le titre ou la fonction de chef de parti. Il n’en reste pas moins qu’en général une personnalité exerce une influence plus grande que celle des autres ténors du parti.

C’est le cas de Trump du côté républicain, mais aussi celui de Joe Biden, le président des Etats-Unis en exercice, chez les démocrates. Pour autant, ils ne jouent pas exactement le même rôle dans leurs partis respectifs. L’influence de Trump sur son camp, à l’origine ne vient pas de la direction du parti, mais de sa base. Trump n’est pas un apparatchik, à la différence de Biden. Si cela n’avait tenu qu’à l’establishment républicain, Trump n’aurait été ni candidat en 2016, ni par la suite président des Etats-Unis. Mais parce qu’il a continué depuis d’être porté par la base, sa voix a fini par devenir prépondérante au sein du parti républicain, ce qui ne veut pas dire qu’elle est désormais la seule à se faire entendre. Pour la présidentielle à venir, de même qu’aux deux précédentes, s’il est candidat de son camp, ce sera parce que telle aura été la volonté de la base populaire républicaine. Dans le camp d’en face, jusqu’à présent en tout cas, tout indique que c’est Joe Biden qui se représentera, à plus forte raison contre Trump. Si sa candidature est finalement contrariée, ce ne sera pas par un rival ou par un autre, mais par son âge, déjà avancé, et qui le sera davantage dans deux ans. Bien entendu, ce n’est pas l’âge qui en lui-même est un handicap mais ses répercussions sur les capacités physiques du porteur. Jusqu’à présent, Biden croit que ses forces ne lui manqueront pas le moment venu, et que celles dont il dispose lui suffiront pour l’emporter une deuxième fois sur Trump, qui d’ailleurs lui-même ne sera pas bien loin des 80 ans. Il se trouve que tel n’est pas l’avis des démocrates, qu’il s’agisse des caciques ou de la base. Certes, Biden n’a pas encore fait savoir qu’il se représenterait en 2024, mais il l’a déjà fortement suggéré, en paroles mais aussi dans le fait de modifier le calendrier des primaires en vue de désigner le candidat du parti, les faisant commencer par celle de la Caroline du Sud, le premier Etat à avoir voté pour lui à celles de 2020. Le rideau qui se fermera sur la scène le dernier jour de 2022 s’ouvrira le 1er janvier 2023 sur une autre qui lui ressemblera quant à l’essentiel. Elle aussi comportera un premier plan et un deuxième. Le premier, c’est évidemment la guerre en Ukraine, qui se poursuivra on ne sait encore combien de temps. Et le deuxième, cette autre guerre, commencée il y a déjà plusieurs années, politique quant à elle, du moins aussi longtemps qu’elle n’aura pas basculé dans la violence, opposant les deux grands partis américains pour le contrôle de ce qui reste la première puissance au monde.

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