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lundi 20 mai 2024

La présidentielle américaine à venir ne ressemble à aucune autre

Entre autres idées admises sur l’électeur américain est que le jour «J», ce qui va déterminer son vote, en particulier lors des grandes échéances nationales, la première étant la présidentielle, ce sont quasi exclusivement les questions économiques, quel que soit l’intérêt qu’il a pu montrer par ailleurs pour les autres questions, internationales ou autres, de société par exemple, dans une société où la prédication reste une pratique courante. Un président sortant crédité de bons résultats économiques aurait toutes les chances d’être réélu, à moins évidemment que le diable ne s’en mêle, ce qui peut arriver aussi. Même lors des grandes crises internationales, ou des guerres, la motivation économique l’emporterait encore sur toutes les autres. Il ne semble pas du tout que tel serait aussi le cas le 5 novembre prochain. On peut dire d’ores et déjà que pour cette présidentielle tout au moins, ce ne sont pas les questions économiques qui feront la différence, mais bien les questions portant sur le projet de société d’une part, et les crises mondiales en cours d’autre part, pour autant bien sûr que ces dernières ne sont pas réglées d’ici la tenue de l’élection. Jamais la société américaine n’a été aussi divisée depuis la Guerre civile qu’au cours de ces dernières années.

La crise interne est telle qu’il n’est même pas certain que l’élection aura lieu, même si en apparence on s’y prépare comme à toutes les précédentes. La meilleure preuve que les Etats-Unis vivent un moment sans exemple dans leur histoire, c’est que l’échéance à venir est une exacte répétition de la précédente. Cela n’aurait pas été possible si la polarisation n’était pas à son comble. C’est elle qui a fait que ce sont les mêmes candidats qui s’affrontent à nouveau, avec d’ailleurs un risque accru qu’à la fin les résultats ne sont pas reconnus par le camp vaincu. Trump a déjà menacé d’un bain de sang si la victoire lui est «volée» pour la deuxième fois. Maintenant, il est vrai que les démocrates ne tiennent pas pour leur part ce type de langage, en soi insurrectionnel. Mais c’est peut-être seulement parce qu’ils sont au pouvoir. Avant que Donald Trump récuse la victoire de Biden, ils avaient tout fait pour discréditer la sienne, survenue quatre années auparavant, ne craignant pas de la faire passer pour un coup des Russes, à croire que ceux-ci avaient massivement pris part au vote. Ils s’en étaient tenus à ce discours absurde quatre années durant. D’ici à l’élection, il reste encore 7 mois. Bien des choses peuvent se produire dans l’intervalle, si bien qu’au bout du compte Joe Biden est réélu, alors même qu’aujourd’hui, ce n’est pas lui le favori, mais son rival. Entre les deux hommes, il existe une grande différence, c’est que Trump est le candidat naturel de son camp, alors qu’on ne peut en dire autant de Biden. N’empêche, les démocrates ne peuvent pas se permettre de perdre une deuxième fois devant Trump. On peut être sûr d’une chose, c’est qu’en effet ils feront tout pour que cette défaite sans remède ne survienne pas. Trump et les républicains sont une menace pour le système politique américain, souvent décrit comme la première des démocraties, non pas avant l’élection, mais après elle, comme ce fut le cas en janvier 2021. Les démocrates eux seraient un danger avant l’échéance, dans la mesure où leur victoire n’est pas certaine. En tout cas, on les voit mal aller gentiment à une élection cruciale sans la certitude de l’emporter, c’est-à-dire avec le risque de la perdre.

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