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lundi 20 mai 2024

La prédiction de Heikal

Récemment encore, sur le plateau d’une grande chaîne arabe, le journaliste présidant à un débat du soir sur l’état actuel de la guerre, rappelait qu’en son temps déjà Hassanien Heikal, le célèbre éditorialiste égyptien, disait qu’aussi puissant que semblait alors Israël il ne survivrait pas à une première défaite. L’invité à qui c’était le tour de parler, un général libanais ayant pris part à l’une des guerres entre Israël et le Liban, dit alors : voilà qui est fait, Israël a bien subi le 7 octobre cette première défaite définitive à laquelle faisait allusion Heikal. Heikal n’étant pas là pour nous dire s’il verrait ou non dans la débâcle d’Israël du 7 octobre cette première défaite annonciatrice de sa fin, il faudrait nous débrouiller sans lui pour trouver une réponse à cette question. Il n’empêche, il y a des chances pour qu’il commence par signaler que le 7 octobre Israël a surtout connu une déroute, qui d’ailleurs n’aura duré que quelques heures, et que depuis il mène la guerre contre le Hamas et toute la résistance palestinienne dans Ghaza, une guerre qui elle n’est pas encore finie, qui même probablement n’en est encore qu’à ses débuts.

De sorte qu’il faut en attendre la fin pour en juger, et en particulier pour savoir si elle est bien une première défaite, et à ce titre le début de la fin pour Israël. Depuis que les Israéliens sont entrés dans Ghaza, et qu’ils sont harcelés par les combattants palestiniens, une quantité de gens dans la région, mais aussi sans doute hors d’elle, épluchent les nouvelles du front jour après jour, les confrontant, les pesant et soupesant, non pas tant pour s’assurer de leur véracité que pour être en mesure de se projeter dans l’avenir. On connaît par le nom les porte-parole des deux protagonistes : Abou Obeida côté palestinien, Daniel Hagari côté israélien. Ils s’expriment tous les jours ou presque. Mais à vrai dire Abou Obeida seul donne quasiment chaque jour le dernier bilan des pertes israéliennes. La fonction du deuxième se ramène pour l’essentiel à proférer des avertissements, et par là même à annoncer des massacres. La question évidemment s’est posée et se pose encore de savoir si les chiffres donnés par le porte-parole d’al-Qassam sont vrais, même si les images de combat qu’il donne pour les appuyer le sont quant à elles. Lors d’un dernier bilan, il a estimé à près de 300 le nombre des véhicules blindés israéliens (tanks, camions et bulldozers) détruits ou endommagés. Sachant que l’opération terrestre a commencé dans la nuit du 27 au 28 octobre, on en déduit qu’il en tombe plus d’une dizaine par jour. Bien entendu, il ne s’agit là que d’une moyenne, la plupart de ces véhicules ayant été mis hors service ces derniers jours, les blindés israéliens opérant dans le nord de Ghaza se comptant désormais par centaines. Or si les avions israéliens eux n’ont rien à craindre des tirs depuis le sol, les blindés eux en revanche ne sont pas à l’épreuve des obus palestiniens, bien qu’ils soient réputés parmi les meilleurs au monde, sinon les meilleurs. Dernièrement un article du «Washington Post» parlant des pénibles conditions faites aux Palestiniens dans leur fuite au sud signalait qu’ils avançaient sur une route rythmée de part et d’autre de cadavres en décomposition et de chars israéliens. Il ne précisait pas dans quel état étaient ces chars, mais le contexte de sa phrase laissait clairement entendre qu’ils étaient à leur manière eux aussi des cadavres.

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