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samedi 13 août 2022

La pénurie de gaz commence en Europe

Le gazoduc Nord Stream 1, reliant la Russie à l’Allemagne via la mer Baltique, est en arrêt temporaire pour travaux de maintenance périodiques. En principe, il devrait être remis en fonction dans quelques jours seulement. L’Allemagne et d’autres pays européens dépendants du gaz russe par ce biais ou par d’autres craignent beaucoup qu’il ne le soit pas en fin de compte, et que les autres gazoducs, notamment ceux qui transitent par l’Ukraine, soient fermés à leur tour, et ce pour ne plus rouvrir. En témoigne à leurs yeux la faible exploitation par la Russie depuis le mois de juin des gazoducs passant par l’Ukraine, ce qui en effet semble préluder à leur fermeture complète et définitive. Cette période de l’année est d’habitude celle du remplissage des stocks en prévision de l’hiver qui vient. Ces réserves ne sont nulle part en Europe au maximum de leurs capacités, il s’en faut. Les Russes de leur côté ne disent rien, encore que la baisse drastique à leur initiative des approvisionnements via l’Ukraine soit plutôt un bon indicateur de leurs intentions en la matière.

Des turbines provenant de Nord Stream qui se trouvaient au Canada pour réparation, et qui auraient pu y être retenues, en application notamment des sanctions contre la Russie, mais également pour satisfaire une demande pressante des Ukrainiens en ce sens, ne l’ont finalement pas été, sans doute par souci des Canadiens de ne pas ajouter à la pénurie
d’énergie qui commence en Europe. Les Etats-Unis se sont félicités de cette décision canadienne, eux qui pourtant ne cessent d’appeler au boycott de tout ce qui est russe. Le soupir de soulagement qu’on attendait du côté des Allemands en particulier, où le gaz est déjà labellisé bien rare, et où les centrales à charbon sont en train de rouvrir, ne s’est finalement pas produit. Tout se passe comme si en l’occurrence le pire, c’est-à-dire le rationnement d’énergie et les douloureux arbitrages qu’il implique, était inévitable. Les Européens ne se donnent même pas la peine d’interroger le fournisseur russe sur le sort qu’il compte leur fait subir cet hiver, à croire qu’ils ont déjà coupé tous les ponts avec lui, qu’ils ne lui parlent plus, ou que cela ne servirait à rien, qu’il leur mentirait de toute façon. Si le gaz russe venait à manquer, une hypothèse qui désormais se conforte chaque jour davantage, ce ne sont pas seulement les ménages qui en subiront les effets, mais toutes les économies occidentales dépendantes qui seront frappées de plein fouet. Le plus remarquable, c’est que le cas échéant, ce ne sera pas à l’initiative du fournisseur mais de celle des clients, qui les premiers ont pris des sanctions contre lui. Qui en réalité ont fait bien plus grave de son point de vue, en armant depuis le début son adversaire direct sur le champ de bataille, ce qui revient tout simplement à entrer avec lui dans une guerre par procuration. Les mois à venir seront décisifs aussi bien pour la Russie que pour eux, tout autant bien sûr que pour l’Ukraine, dont même l’annexion complète n’est plus à exclure, maintenant que la Russie offre sa nationalité non plus seulement aux habitants des régions déjà occupées, mais à tous les Ukrainiens où qu’ils soient dans leur pays.

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