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dimanche 25 octobre 2020

La nouvelle approche de la crise libyenne

L’ONU a cru bien faire ces derniers temps de répartir en tranches le dialogue interlibyen, réservant à chacune et dans un endroit différent une rencontre spécifique entre parties au conflit, dans l’idée que le traitement isolé de chaque question en particulier aiderait à la fois à mieux la cerner et à mieux la dépenser ensuite. Des pourparlers portant en une seule occasion sur l’ensemble des divergences n’en finiraient probablement pas, chaque difficulté abordée pouvant être compliquée par la proximité des autres, puisque toutes seraient dans ce cas à l’ordre du jour. Sans doute faudrait-il plus d’un round sur chaque thème pour qu’une avancée se produise. Mais n’est-ce pas qu’il est préférable de remettre plusieurs fois l’ouvrage sur le métier, avec la perspective de le parfaire par morceaux, que de devoir s’avouer vaincu par lui en voulant l’aborder de tous les côtés à la fois. L’erreur de Ghassan Salamé pourrait bien avoir été de prendre l’épineux dossier libyen non pas dans ses parties mais dans sa totalité. Stephanie Williams, sa remplaçante par intérim, en tant que représentante spéciale des Nations unies en Libye, donne en tout cas le sentiment d’avoir médité ses échecs, et par suite d’avoir conçu une approche différente de la sienne.

Jusqu’à présent, et dans l’attente du «congrès» de Tunis, programmé pour le 26 de ce mois, plusieurs rencontres thématiques ont pu se tenir, au Maroc, à Bouznika plus précisément, et cela à deux reprises, ce qui est du meilleur augure ; à Montreux en Suisse, au Caire, et possiblement encore ailleurs. Le seul fait que les protagonistes libyens aient accepté de se revoir dans des endroits différents, et à chaque fois pour discuter de sujets de portée limitée, plaide en faveur de ce qu’n pourrait appeler la méthode Williams. C’est à Bouznika que celle-ci aurait le mieux prouvé son efficacité, puisque en deux temps seulement, un accord a pu être trouvé entre les deux délégations, celle du Haut Conseil d’Etat et celle de la Chambre des représentants. Le hic, c’est que cet accord n’a pas été sur la difficulté même qui était en débat, à savoir la répartition des postes dits de souveraineté, mais qui en réalité ne sont que des postes techniques, mais uniquement sur les critères auxquels se référer pour les attribuer plus tard. A Bouznika, pour toute avancée donc, les deux parties ont en fait convenu de se revoir. Autrement dit, elles se sont quittées en de bons termes. On peut en dire autant de la rencontre du Caire, qui elle a porté sur les règles d’ordre constitutionnel devant présider aux élections marquant la fin de la crise libyenne. On ignore sur quoi elle a débouché. Mais que ce soit comme à Bouznika sur la promesse ou l’engagement de se revoir prochainement, ne serait pas pour déroger à la méthode en application. A Montreux les pourparlers, comme il arrive qu’on dise aussi, auraient tourné autour de la consolidation du cessez-le-feu, en vigueur depuis quelque temps déjà. Celui-ci est à mettre à l’actif de la Conférence de Genève de janvier dernier, qui à son tour est autant l’œuvre de Ghassan Salamé et de l’ONU que de la diplomatie allemande, ce qu’elle doit en premier lieu à sa neutralité dans l’affaire libyenne. Deux pays européens ne seraient pas crédibles dans ce rôle de faiseurs de paix en Libye : la France et la Grande-Bretagne. L’on sait pourquoi.

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