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samedi 25 juin 2022

La moyenne de réussite fixée à 9/20 Bac : nivellement par le corona

En raison des conditions sanitaires dues à la pandémie de Covid-19, la moyenne minimale de succès à l’examen du baccalauréat pour sa session 2019-2020 a été revue à la baisse. Habituellement fixée à 10/20, cette année elle a été établie à 9/20. C’est ce qu’a annoncé, hier matin, Mohamed Ouadjaout, ministre de l’Education nationale, lors d’un point de presse tenu au siège de son département.

Par Par Lynda Naili

Intervenant en marge de la deuxième journée d’une rencontre programmée avec les partenaires sociaux du secteur, le ministre de l’Education nationale a affirmé que pour cette session du baccalauréat 2019-2020, dont les épreuves se sont déroulées du 13 au 17 septembre derniers, «tous les candidats qui obtiennent une moyenne de 9/20 seront considérés comme admis», et ce, «en raison et dans le cadre des mesures exceptionnelles accompagnant les décisions prises en corrélation avec la propagation de la pandémie de Covid-19». A ce sujet également, affirmant que les résultats des examens du baccalauréat session-2020 seront annoncés «très bientôt, sitôt les délibérations achevées», il expliquera que cette mesure intervient conformément au système de rachat contenu dans la loi y afférente de 2007. Et au ministre de l’Education de rappeler qu’en conséquence de la propagation du Covid-19 en juin dernier, période des examens de fin d’année officielle, il a été «annulé l’examen de fin de cycle du primaire, et reportées les épreuves du BEM et du Bac respectivement à la deuxième et troisième semaines du mois de septembre» dernier. Et d’ajouter que pour ces deux examens «les questions ont été limitées au cours dispensés en présentiel durant les deux premiers trimestres». «A cela s’ajoutent, enchaînera-t-il, les mesures exceptionnelles édictées par notamment la circulaire ministérielle du 27 juin 2020 relative au passage des élèves de la 4e année moyenne à la 1re année secondaire, et visant à donner aux élèves toutes les chances de réussite dans leur parcours scolaire, considération prise de ce qu’ils ont enduré, plus de 8 mois durant, de pression psychologique sans précédent, induite par le confinement à domicile, la rupture de la scolarité et par les conditions sanitaires difficiles que nous avons tous vécues, suite à la propagation du coronavirus».

Le Satef dénonce une «mascarade», la Fédération des parents d’élèves applaudit
De ce fait, si la Fédération des parents d’élèves a vivement applaudi cette annonce du ministre de l’Education, il n’en est pas de même pour les syndicats autonomes du secteur. En effet, Boualem Amoura, président du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, dira que son syndicat «est très déçu par la décision prise par le ministère de l’Education. C’est une décision inacceptable, une mascarade au sens propre du terme». «Le Satef a toujours refusé la médiocrité. Avant cela, nous avons déjà été contre les moyennes d’admission décidées pour les élèves de la 5e année primaire devant accéder à la 1re AM. Cette fois-ci, il s’agit de la crédibilité même du baccalauréat qui est touchée de plein fouet, dans la mesure où il s’agit d’un examen d’une crédibilité internationale», déplorera-t-il. D’autant plus, poursuivra-t-il, que c’est avec le diplôme du «Bac que les étudiants algériens postulent pour des études à l’étranger. Comment alors seront-ils acceptés avec un bac de 9/20 de moyenne ?» En outre, le président du Satef, rappelant la suppression depuis plus de vingt, des jurys pour les délibérations du Bac, dira qu’«à l’époque, des séances de rattrapage se tenaient pour donner la chance aux candidats ayant des moyennes de 9.98 ou 9.99, mais là, rabaisser la moyenne de réussite à 9 c’est inacceptable». Et pour cause, il estimera que «les conséquences d’une telle décision sont tout aussi catastrophiques», en ce sens qu’«en temps normal, avec une moyenne de 10 à 13/20, les élèves trouvent des difficultés dans le choix des filières d’études. Vers quel choix iront-ils alors avec un 9 ?», s’interrogera-t-il. «C’est très grave. C’est une décision inacceptable, incompréhensible à un moment où l’on parle de soustraire l’école de la politique et des idéologies», regrettera-t-il. «Déjà que le niveau de l’école algérienne laisse à désirer, là il est vraiment rabaissé et c’est très grave». Même son de cloche du côté du syndicaliste Nabil Ferguenis qui y voit «une décision irréfléchie qui plus est n’a pas été soumise au débat avec l’ensemble des acteurs de secteur de l’Education». Selon lui, «cette décision ne manquera pas de se répercuter sur la capacité d accueil des futurs bacheliers et sur le niveau de classement de l’université algérienne dans le classement mondial».

L. N.

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