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lundi 26 septembre 2022

La loi actuelle ne couvre pas certains aspects liés aux crimes électroniques / Cybercriminalité : l’Algérie doit renforcer son arsenal juridique

Le phénomène de la cybercriminalité ne cesse de s’intensifier en prenant des formes de plus en plus diverses et variées. Les bandits du Net continuent de faire des ravages dans le monde et notre pays n’échappe malheureusement pas à la règle. Usurpation d’identité, escroquerie, détournement de données confidentielles, piratage, harcèlement… ce fléau prend de plus en plus d’ampleur, parallèlement au développement des nouvelles technologies. En effet, la Toile est de plus en plus utilisée à mauvais escient par les Algériens. En 2020, les affaires liées à la cybercriminalité ont enregistré une hausse à hauteur de 5 163 contre 4 210 en 2019. De leur côté, les parents sont de plus en plus confrontés à des questions technologiques qu’ils ne maîtrisent pas. Les connaissances de leurs enfants dépassent souvent les leurs, posant de graves lacunes quant à leur encadrement. En effet, les parents ne peuvent pas protéger leurs enfants contre des applications dont eux-mêmes ignorent la dangerosité et ne maîtrisent pas l’utilisation. Dans ce sens, les participants à une journée d’étude sur les crimes technologiques, organisée à Illizi, dans le Sud est du pays, ont plaidé pour le renforcement des mécanismes de lutte contre la cybercriminalité et la menace qu’elle fait peser sur l’économie et la sécurité nationales. Les intervenants (chercheurs et spécialistes en droit) à cette rencontre intitulée «Crimes technologiques, entre liberté individuelle et respect de la loi», se sont penchés sur la législation en matière de lutte contre la criminalité liée aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (N-TIC), actuellement très répandue. Le vice-président du tribunal d’Illizi, Abdelhakim Benhebri, a évoqué l’évolution de l’arsenal juridique algérien dans le domaine de la lutte contre la cybercriminalité, actuellement très répandue et nécessitant, a-t-il dit, «une révision et une réorganisation des textes juridiques actuels qui ne couvrent pas certains aspects liés aux crimes électroniques». «Un état de fait qui engendre de nombreuses contraintes dans le traitement juridique de certains types de crimes électroniques, avec un arsenal juridique et une législation en majeure partie concernant une criminalité classique», a-t-il expliqué. De son côté, l’enseignant en droit au Centre universitaire d’Illizi, Abbès Sadki, a souligné la nécessité de renforcer la coopération internationale face aux menaces des crimes électroniques, à travers la conjugaison des efforts, aux plans national, régional et international, en vue de bénéficier des expériences et de l’expertise de pays pionniers en matière de lutte contre la cybercriminalité. Les cyber-attaques transfrontalières sont devenues «une grande menace pour les pays et leur stabilité financière et économique, avec l’accroissement des crimes électroniques induits par le développement des N-TIC, nécessitant aujourd’hui un renforcement du numérique et la coordination des efforts sécuritaires entre les pays face aux menaces électroniques», a ajouté l’intervenant. Le responsable de la brigade de lutte contre le crime informatique, le lieutenant de police Mohamed-Lamine Djioua, a fait part, de son côté, de la stratégie adoptée par la Direction générale de la Sûreté nationale en matière de lutte contre le crime informatique, évoquant les différentes étapes et méthodes d’investigations policières concernant le crime électronique, à commencer par le dépôt de plainte jusqu’à l’identification et l’arrestation de l’auteur du crime. Au terme de la rencontre, les intervenants ont insisté sur un contrôle suffisant des sites électroniques, notamment de large diffusion, avec la mise en place d’une base sécurisée inviolable en vue de protéger les institutions de l’Etat. Ils ont également mis en avant l’importance de la formation des magistrats dans le domaine de la lutte contre les crimes électroniques ainsi que l’élaboration de programmes d’information pour diffuser la culture de la coopération électronique et de sensibilisation des citoyens sur les dangers de l’Internet.
Meriem Benchaouia

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