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dimanche 21 avril 2024

La guerre non encore déclarée Russie-Otan en Ukraine

Maintenant qu’elle est en guerre avec l’Ukraine, la Russie n’a guère le choix, il lui faut à plus ou moins brève échéance la remporter, cette guerre. Sinon, la première chose que ferait l’Otan, le principal ennemi, celui-là même qu’elle est en train d’affronter sous des dehors ukrainiens, c’est d’y entrer et de s’y tailler toutes les bases qu’elle voudrait, pour y implanter ces forces et ces armes mêmes dont elle-même voulait justement prévenir la mise en place si près de ses frontières. L’Otan achèverait d’occuper l’Ukraine si elle ne renversait pas le régime occidental né du coup d’Etat de 2014 pour lui substituer un pouvoir qui lui serait acquis. La Russie serait alors encore plus étroitement encerclée, et partant plus menacée dans sa sécurité, qu’elle ne l’est aujourd’hui. L’idéal pour elle, ce serait de gagner avec le moins de morts et de blessés des deux côtés, et le moins de destructions possibles dans les villes ukrainiennes, mais aussi le plus rapidement possible. Car plus la guerre se prolonge, plus l’Otan, qui déjà arme à tour de bras les forces ukrainiennes, tendra à y prendre une part grandissante. Dans le cas d’un enlisement, un scénario qui n’est pas encore d’actualité, mais qui peut advenir, les Occidentaux enverraient des forces spéciales combattre aux côtés des Ukrainiens, et probablement même prendre leur tête.

Or l’intérêt dans l’immédiat des Occidentaux, c’est justement de faire en sorte que la Russie soit entièrement prise par sa guerre en Ukraine, qu’elle ne puisse s’en dégager pour envisager d’autres actions ailleurs dans son voisinage. L’Otan se renforce tout autour de l’Ukraine, sachant que les buts de guerre de la Russie dépassent le cadre ukrainien. L’Ukraine n’est en réalité qu’un abcès de fixation. Aussi longtemps que la guerre y reste confinée, l’Otan n’est pas aux premières lignes, aux prises directes avec la Russie, avec tous les risques que cela impliquerait, dont au premier chef la défaite, ce qui à terme mettrait fin à l’hégémonie américaine. Tel n’est toutefois pas le but recherché par la Russie, qui en fait ne veut qu’une seule chose, que l’Otan revienne aux positions qui étaient les siennes avant 1997. Mais l’Otan ne peut reculer sans se disloquer. Elle ne peut même pas arrêter sa marche à l’est sans qu’elle commence à s’affaiblir. Elle n’est forte que dans sa constante progression à l’est… jusqu’à Moscou. Avant de lancer ce qu’il appelle l’opération militaire spéciale en Ukraine, le président russe, Vladimir Poutine, avait averti les Occidentaux que la Russie n’avait plus d’espace où reculer, voulant dire par là qu’elle avait déjà le dos au mur, et qu’il ne lui restait plus que la marche vers l’avant, c’est-à-dire à l’ouest. Si l’Ukraine était prise, le scénario le plus probable, du moins jusqu’à nouvel ordre, ce serait en dépit de tous les efforts de l’Occident pour l’y enfermer. Ce serait une défaite, et même une de grande, pour celle-ci. Elle le serait d’autant plus si la guerre ne s’éternisait pas en Ukraine. On est donc déjà dans une guerre entre la Russie et l’Otan. Pour être encore non déclarée, cette guerre n’en est pas moins déjà une réalité. L’Otan n’a jamais fait la guerre que contre beaucoup plus faible, et à chaque fois avec une brutalité et un mépris de la vie humaine extrêmes. On ne sait pas ce qu’elle vaut lorsqu’elle a en face d’elle une armée de même envergure qu’elle.

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