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samedi 25 juin 2022

La guerre est-elle encore évitable ?

Si pour l’heure on s’amusait à mettre en balance, d’une part les chances que la guerre éclate à l’est de l’Europe, et de l’autre celles où au contraire c’est la paix qui continue de prévaloir, tout au moins dans cette partie du monde, nul doute que des deux possibilités, c’est la première qui l’emporterait, et de loin. Dans la presse américaine, s’il faut en croire ceux dont c’est le métier de professer le pire, le monde n’aura pas à attendre longtemps avant d’être fixé à ce sujet. D’après eux, le mois prochain ne se sera pas écoulé que l’armée russe, déjà massée aux frontières avec l’Ukraine, les aura franchies. Il est même probable qu’on n’aura pas à attendre jusque-là. En l’occurrence, ils ne sont pas les seuls à le penser : les Ukrainiens pro-occidentaux, qui tiennent le pays, en sont eux aussi convaincus. Les deux croient même savoir comment la guerre débutera. Ce ne serait ni par des bombardements ni par le passage de la frontière, mais par une cyber-attaque, pour détruire les systèmes informatiques de Ukrainiens, qui de ce fait se trouveraient dans l’incapacité de coordonner la défense ou la riposte. Une mini-attaque de ce genre s’étant produite dernièrement, prenant pour cibles des sites officiels ukrainiens, qui ont été neutralisés, il serait assez dans l’ordre des choses que l’offensive russe commence en effet de la sorte.

Le coup a été fulgurant mais bref, comme pourrait l’être logiquement un essai, un test, ou un avertissement. Sur les écrans des sites contaminés, les messages n’étaient pas pour
rassurer ; ils étaient, à ce qu’on a rapporté, libellés dans le style : Tremblez car c’est le pire qui vous attend. Si guerre il y a, le fait est qu’elle sera terrible, Russes et Ukrainiens ayant eu une longue histoire commune. Au mois de juillet dernier, le président russe a écrit un article dans lequel il affirmait que les deux peuples n’en formaient qu’un seul en réalité. Pour que cette guerre n’ait pas lieu au bout du compte, il faudrait que les Etats-Unis et l’Otan donnent à la Russie les garanties qu’elle exige d’eux dans l’intérêt de sa sécurité. Ces garanties sont doubles : celle que l’Ukraine ne fera jamais partie de l’Otan, et qui en fait s’étend à tous les pays dans le même cas qu’elle, c’est-à-dire ayant été un jour membres du pacte de Varsovie, et celle relative à l’abandon des positions acquises par l’Otan après 1997, année marquant le début de son élargissement à l’est. Il semble a priori que la première demande russe soit plus facile à satisfaire que la seconde. Il n’en est rien pour peu qu’on y regarde. D’une part parce que la promesse a déjà été faite à l’Ukraine qu’elle sera un jour membre de l’Otan, et de l’autre, parce que céder sur ce point, c’est se préparer à reculer également sur le deuxième. L’Otan ne peut arrêter son expansion à l’est sans se mettre en grand danger d’implosion. De sorte qu’elle ne fera pas cette concession à la Russie, cela semble certain. Dans ces conditions, elle ne se retirera pas non plus des pays de l’est qui sont déjà en son sein. En un mot comme en cent, elle ne reviendra pas à la situation d’avant 1997. Elle ne le pourrait pas quand bien même elle le voudrait. Il semble donc que la guerre soit inévitable. Fort heureusement, ou malheureusement, cela dépend, un exercice intellectuel, ce n’est après tout que de la spéculation, que la réalité bien souvent s’ingénie à démentir. Mais comme il arrive aussi qu’elle le confirme, on ne peut que se tourner vers l’horizon et attendre de voir ce qu’il nous cache pour le moment, mais qu’il commencera à dévoiler dans relativement peu de temps, la Russie ayant fait savoir qu’elle n’attendra pas une éternité la réponse à ses demandes.

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