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vendredi 19 août 2022

La guerre encore sous contrôle, mais jusqu’à quand ?

Les Russes, après avoir nié le fait, certes non pas directement mais par l’intermédiaire des Turcs, reconnaissent à la fin avoir bombardé le port d’Odessa ces dernières heures. Sauf que ce n’est pas à un dépôt de céréales qu’ils s’en sont pris mais à un bateau de guerre ukrainien, et à un dépôt de munitions. Et pas de n’importe quelle munition, puisqu’il s’agit de missiles américains antinavires Harpoon de longue portée. Quoi qu’il en soit, les installations portuaires ne semblent pas avoir trop souffert. Ce que les Turcs ont rapporté depuis le début, et qui est ressorti ensuite des déclarations des Ukrainiens eux-mêmes, qui ne voient pas dans l’attaque russe une raison suffisante de sortir de l’accord. L’information à retenir pourrait bien être ailleurs, dans ce que les Russes disent avoir ciblé et, à ce qu’il semble, entièrement détruit : les missiles Harpoon de longue portée entreposés dans le port attaqué. C’est que peu auparavant, il était arrivé à Jake Sullivan, le conseiller américain à la sécurité, de répéter à l’adresse de Kiev, qui demandait un supplément de missiles, que le président Biden n’avait pas changé d’avis s’agissant de son refus de leur livrer des missiles de longue portée, ne voulant toujours rien faire qui puisse provoquer une troisième guerre mondiale.

Ainsi donc, les Ukraniens ne se contentent pas de ce dont ils disposent déjà, à savoir de lance-roquettes Himars de moyenne portée, ne désespérant pas de convaincre les Américains de leur fournir par la suite des canons leur permettant de tirer derrière les lignes russes, en Russie même. L’incident d’Odessa a révélé qu’en réalité les Américains livrent déjà des missiles de longue portée, à ceci près qu’ils sont antinavire. Dès lors on comprend que Kiev continue de croire en sa victoire sur les Russes. Si l’Otan tient toujours autant que lui à infliger une défaite stratégique à la Russie, alors, quoi qu’elle dise maintenant, elle finira par lui donner tous les moyens dont il a besoin pour y parvenir, du moment qu’il n’est pas question pour elle de lui envoyer des troupes en renfort. Il dispose déjà des Himars et des Harpoon. Le temps n’est peut-être pas loin où il obtiendra le reste, c’est-à-dire des armes équivalentes à celles dont se servent contre lui les Russes. On sait comment commence une guerre, on ne sait ni comment elle se développe ni comment elle se termine. Biden peut encore refuser aux Ukrainiens certaines armes. Mais demain, le pourra-t-il ? Les Ukrainiens ne le croient pas. Ils sont certains au contraire qu’il finira par céder à leurs demandes, à moins qu’il n’accepte leur défaite, qui sera aussi la sienne. A une condition toutefois, qui elle dépend d’eux jusqu’à un certain point : qu’eux-mêmes tiennent le coup jusque-là. La partie serait pour eux dans une large mesure remportée s’ils parvenaient effectivement à reprendre Kherson, un exploit dont ils n’arrêtent pas de dire qu’il est à leur portée. Le fait est que s’ils réussissent dans cette entreprise, preuve sera faite qu’ils peuvent gagner la guerre, pour autant que leurs alliés leur en donnent ces mêmes moyens qu’ils leur refusent pour le moment. Les Ukrainiens n’ont pas que des ennemis à déloger, mais également des amis à persuader de croire en eux. En ce qui les concerne tout au moins, la troisième guerre mondiale n’est pas pour leur faire peur. Elle n’est pas le pire qui puisse leur arriver.

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