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vendredi 17 septembre 2021

La guerre effective non encore déclarée

Les négociations indirectes de Vienne entre les Etats-Unis et l’Iran, par l’entremise des autres signataires de l’accord de 2015 sur le programme nucléaire de ce dernier, lesquelles sont à l’arrêt depuis plusieurs semaines alors qu’on avait cessé de dire qu’elles étaient tout près d’aboutir, reprendront-elles un jour ? En l’occurrence, aboutir veut dire revenir à la situation d’avant le retrait américain, à un temps où l’Iran quant à lui se conformait strictement aux termes d’un accord par ailleurs endossé par le Conseil de sécurité. Tout à l’opposé des Etats-Unis, qui sous Donald Trump du moins ont fait litière de leur signature, c’est là le moins que l’on puisse dire. S’il ne s’était agi que de ressusciter l’accord de 2015, nul doute que ce serait déjà chose faite, tant l’Iran est désireux de voir lever les sanctions, les plus sévères jamais imposées un pays, au dire de Trump lui-même, qui frappent son économie, tout en menaçant sa stabilité politique. Pour résister à une pression de cette nature, un régime doit jouir ou bien d’une cohésion interne sans faille, ou bien d’un appareil répressif particulièrement efficace. Dans le cas de l’Iran, il semble bien que ce soit le premier terme de l’alternative qui est le bon, en dépit d’une opposition armée particulièrement déterminée et féroce, prête à tout pour arriver à ses fins, c’est-à-dire la chute de la République islamique.

Depuis le début des négociations, en avril dernier, il ne s’est pas passé de semaine sans que l’une ou l’autre des parties prenantes n’annonce une conclusion prochaine, ce qui supposait à tout le moins que bientôt Américains et Iraniens se retrouveraient à la même table des négociations, et pourraient par conséquent se parler directement. Même quand les réunions se sont ensuite interrompues, le ton restait néanmoins à l’optimisme. Le fil du dialogue serait renoué incessamment, susurrait-on, et alors, ce serait pour aboutir, à coup sûr. En fait, il faut en prendre son
parti : les chances pour que les négociations soient relancées sont extrêmement faibles, pour ne pas dire nulles. Et ce, non pas parce que ou les Iraniens ou les Américains en seraient venus à poser de nouvelles conditions, mais au contraire, parce que tous deux sont restés campés sur les mêmes positions qu’au départ. Les Américains, a révélé dernièrement Ali Khamenei, détenteur du pouvoir suprême en Iran, entendent toujours ajouter non pas un mais deux chapitres à l’accord passé en bonne et due forme en 2015, un premier ayant trait au programme balistique de l’Iran, et un autre relatif à sa politique régionale. Si tel est bien le cas, l’affaire est entendue, les négociations de Vienne ne reprendront pas. Or d’elles dépendent bien des choses dans le Golfe et au Moyen-Orient, et partant dans le reste du monde. Et d’abord les développements futurs d’une guerre dont l’un des protagonistes, Israël, n’hésite pas à affirmer qu’elle a déjà commencé. Pour l’heure, les principaux fronts en sont, d’une part les eaux du Golfe, où depuis plusieurs mois des navires marchands sont attaqués, par les Israéliens s’ils battent pavillon iranien, par les Iraniens dans le cas inverse, encore qu’elles ne soient jamais revendiquées ; la Syrie de l’autre, où souvent l’aviation israélienne bombarde des positions iraniennes. Désormais lorsqu’Israël intervient en Syrie – mais cela pourrait être aussi bien à Ghaza ou au Liban –, la riposte iranienne pourrait se produire, certes en premier lieu dans le Golfe, mais aussi ailleurs, en fait n’importe où dans le monde, où des navires israéliens pourraient se trouver. Une menace similaire pèse sur les navires iraniens. Nul doute qu’il s’agisse là d’un état de guerre.

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