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mercredi 29 juin 2022

La gauche américaine à la rescousse de la cause palestinienne

Toutes les mobilisations actuelles, en particulier celles qui se déroulent dans les pays occidentaux, en vue de faire cesser les raids aériens israéliens sur Ghaza, sont utiles, y compris celles qui n’ont pas été autorisées, comme ce fut le cas à Paris samedi dernier, soi-disant pour éviter des débordements antisémites. La réalité, c’est que les pays qui comme la France et l’Autriche ont participé à la destruction des juifs d’Occident pendant la Deuxième Guerre mondiale ont peur que les Israéliens ne le leur rappellent s’ils laissent libre cours chez eux aux manifestations contre leurs exactions en Palestine. Leurs crimes d’hier sont leurs chaînes d’aujourd’hui. Les manifestations de soutien aux Palestiniens n’ont été interdites ni en Grande-Bretagne ni aux Etats-Unis, eux aussi pourtant des alliés d’Israël. Et pour cause, ils n’ont pas en matière d’antisémitisme un lourd passé à se faire pardonner. Ils peuvent se permettre eux de déplaire quelquefois à Israël. Les Allemands n’ont pas fait montre du même zèle cependant, bien qu’ils aient plus à se reprocher historiquement parlant. Cela dit, pour la complaisance à Israël, la palme revient cette fois-ci incontestablement à l’Autriche dont le gouvernement a hissé le drapeau israélien sur ses bâtiments.

Une initiative qui en a étonné plus d’un, et qui a fait annuler au ministre iranien des Affaires étrangères le voyage qu’il prévoyait de faire à Vienne. Ces mobilisations n’étant qu’une sorte d’entrée en matière, les raids israéliens sur Ghaza ne faisant que commencer, rien ne dit que le gouvernement français pourra faire avorter les prochaines. Il le pourra encore moins si le nombre des morts palestiniens va croissant. Reste que ce sont celles qui ont lieu aux Etats-Unis qui ont le plus de chance de faire économiser des vies palestiniennes. Cela tient à quelque chose d’essentiel qui se passe aux Etats-Unis mais qu’on ne voit nulle part ailleurs en Occident. Seul dans ce pays la montée de l’extrême droite s’est accompagnée d’une montée équivalente de la gauche, tant dans le parti démocrate qu’à sa périphérie. Deux glissements s’y sont produits ces dernières années, au lieu d’un seul comme en Europe : celui de la droite vers l’extrême droite, et dans le même temps celui de la gauche vers des positions plus marquées à gauche. C’est d’ailleurs cette polarisation accrue qui a permis l’élection de Joe Biden. L’une des conséquences de cette poussée à gauche est le retour en grâce de la cause palestinienne dans des pans entiers de l’opinion américaine. Les exactions israéliennes comme les expulsions de familles palestiniennes de Jérusalem Est, les faits directement responsables de l’escalade actuelle, sont désormais dénoncées pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire des crimes propres à un régime de spoliation. Israël ne fait plus figure dans cette partie de l’opinion américaine
d’unique démocratie au Moyen-Orient mais en tout et pour tout de système d’apartheid. Du coup ce qui est devenu tout à fait intolérable pour ces Américains, qui ont ceci de particulier qu’ils forment la base de l’administration Biden, c’est que leur pays se range en toutes circonstances aux côtés d’un régime de cette nature. Le président américain, lui-même un ami inconditionnel d’Israël, ne peut continuer
d’ignorer cette demande de justice au profit des Palestiniens montant de sa base, laquelle déjà se fait pressante. Le temps dont Israël a besoin pour terminer le travail commencé pourrait bien cette fois-ci pour cette raison lui manquer.

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