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dimanche 2 octobre 2022

La fin de la bataille de Marioupol serait-elle la fin de la guerre ?

Dans cette guerre, toujours la même et cependant changeante, à laquelle le monde est comme suspendu, que la Russie mène avec ses propres soldats, à la différence de l’autre belligérant, l’Otan, c’est-à-dire les Etats-Unis entourés de leurs alliés, qui eux tous la font par procuration, avec le sang des Ukrainiens, tout reste possible : l’arrêt des hostilités pour le meilleur, leur extension à d’autres théâtres pour le pire. Mais loin de s’être estompée en bientôt deux mois de combats, cette dernière alternative, qui avait semblé improbable au début, l’est beaucoup moins aujourd’hui. Elle tendrait plutôt à prendre le dessus sur la première. Aux dernières nouvelles, la Russie, qui vient de perdre son navire amiral et joyau de sa flotte dans la mer Noire, avertit en des termes fermes les Etats-Unis sur les conséquences susceptibles de découler de leurs livraisons d’armes continuelles à l’Ukraine. Le style de cette mise en garde dit clairement que sa patience à cet égard n’est pas sans limite. Les Américains ne se laisseront pas impressionner pour autant.

Ils continueront d’armer les Ukrainiens, et avec des armes de plus en plus lourdes et performantes, leur but étant plus que jamais d’empêcher une victoire des Russes, ou, ce qui revient quasiment au même, de la leur faire payer si cher qu’ils seraient mal venus de trop s’en vanter. L’idée propagée par eux est que le président Vladimir Poutine attend le 9 mai, anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie, pour annoncer urbi et orbi une deuxième victoire, la nouvelle sur les néo-nazis ukrainiens, dont le gros des forces est en ce moment même pris au piège dans les souterrains de l’usine Azovstal à Marioupol, où ils se sont réfugiés en désespoir de cause. S’il est tellement question ces derniers temps dans les médias occidentaux d’une attaque chimique que les Russes s’apprêteraient à commettre, c’est parce qu’en effet elle leur semble tout indiquée dans cette dernière phase de la bataille de Marioupol. Quoi qu’il en soit, ce qui reste du bataillon Azov a depuis quelques jours déjà le choix entre se rendre avec armes et bagages ou périr jusqu’au dernier, à supposer que leurs assiégeants le leur laissent, ce choix, le groupe des tchéchènes ayant assez montré qu’il était dans un état d’esprit moins accommodant. Il reste qu’à Marioupol, c’est un des objectifs de guerre tels qu’énoncés par les Russes qui est en train de se réaliser: la «dénazification» de l’Ukraine. On estimait les membres du bataillon Azov à quelques milliers, dont le plus grand nombre semble justement s’être replié dans le sous-sol de l’usine métallurgique Azovstal. Or si les Américains disent à présent que la guerre en Ukraine ne fait que commencer, après avoir soutenu qu’elle serait courte ce n’est pas le cas des Russes, qui eux laissent au contraire entendre qu’elle se dirige à bonne allure vers sa fin. Seraient-ils disposés à se contenter de l’élimination du bataillon Azov. Si tel était effectivement le cas, ce n’est pas seulement la victoire qu’annoncerait le président russe, mais aussi l’arrêt des hostilités, tout au moins côté russe. C’est l’autre possibilité, c’est-à-dire l’extension de la guerre, qui tendrait à se préciser, si les Russes poursuivaient les bombardements et les combats malgré leur victoire à Marioupol.

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