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jeudi 25 avril 2024

La fausse annonce de Biden

Il y a moins d’une semaine, un cornet de crème à la main et évoluant dans une ambiance festive, Joe Biden, sur une question de journaliste, a déclaré qu’il avait bon espoir que d’ici à lundi prochain, un accord verrait le jour entre le Hamas et Israël. Ce propos a d’autant plus surpris qu’il survenait à un moment où rien ne laissait présager qu’une telle avancée dans les négociations indirectes était imminente. Cependant comme son auteur n’était pas le premier venu mais le président des Etats, quelqu’un qui en général savait des choses ignorées du commun des mortels, on s’était gardé de penser qu’une fois de plus il divaguait, bien qu’on fût à peu près certain que l’accord annoncé par lui était encore loin d’être à l’ordre du jour. Le Premier ministre israélien a été le premier à le démentir, en des termes du reste qui laissaient penser qu’il ne comprenait pas comment quelqu’un pouvait en savoir plus que lui sur un sujet qui le touchait lui d’aussi près. Il a fallu quand même la tuerie massive au nord de Ghaza de jeudi dernier, l’armée israélienne ayant dirigé un feu nourri sur une foule de Palestiniens affamés guettant l’arrivée d’un convoi de secours, pour que Biden se dédise. Et encore, est-ce seulement à moitié, car s’il reconnaissait que ce n’est pas ce lundi que l’accord prédit par lui serait conclu, il suggérait que ce n’est pas tant parce qu’il avait parlé trop vite que parce que ce qui venait de se produire n’était de toute façon pas pour pousser dans cette direction. La réalité, c’est que ni du côté israélien ni du côté palestinien, pas le moindre signe n’avait été émis qui pouvait laisser penser qu’un projet d’accord était sur le point d’aboutir. Bien entendu, il l’est encore moins après le carnage de jeudi. La médiation, par les soins des Américains, des Qataris et des Egyptiens, se poursuit néanmoins, mais dans une atmosphère qui n’augure d’aucune réalisation intervenant dans le court terme, c’est-à-dire avant le début du ramadhan. Ce n’est pas de la faute des Palestiniens mais bien de celle des Israéliens, qui ne veulent d’aucun accord basé sur un cessez-le-feu durable, mais donnant lieu à une trêve, qui plus est de courte durée, qui se traduirait dans le meilleur des cas de leur point de vue par la libération de tous leurs otages et prisonniers, et à défaut de cela, par la récupération du plus grand nombre possible d’entre eux. Sur ce point, ils sont d’accord avec les Américains, sauf que ceux-ci ont l’air de se préoccuper davantage du sort des otages, qu’ils voudraient voir libérer jusqu’au dernier. Pour Tel-viv, toute libération est certes bonne à prendre, mais ce n’est pas cela qui importe le plus. Pour lui, le principal objectif de la guerre est ailleurs. Il est dans la victoire complète sur le Hamas et les autres groupes de la résistance, c’est-à-dire dans leur élimination, leur éradication, leur anéantissement. Avec un tel objectif en ligne de mire, il ne faut surtout pas d’accord en bonne et due forme, étant donné que si celui-ci devait voir le jour, il serait contraignant, car garanti par les pays médiateurs. Israël se refuse à un accord qui lui lierait les mains. De son côté, la résistance n’en veut pas d’un qui soit seulement temporaire. Voilà pourquoi il ne faut pas même s’attendre à une relative accalmie pour le ramadhan, bien qu’il faille la souhaiter, la population de Ghaza étant depuis près de cinq mois en proie aux affres du génocide.

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