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mardi 9 août 2022

La courte espérance de vie du chef de Daech

 

Le deuxième chef de Daech, Abou Ibrahim al-Hashimi al-Qourashi, abattu par  des forces spéciales américaines à Alep ce jeudi,  aura tenu moins longtemps que son prédécesseur, et premier soi-disant calife, Abou Bakr al-Baghdadi, qui avait connu un sort similaire mais au bout de cinq années de règne de terreur et de traque. Pour l’un comme pour l’autre, les Américains se sont montrés soucieux de préciser qu’ils n’avaient pas été tués par leurs soldats mais qu’ils s’étaient donné la mort eux-mêmes, évidemment  pour ne pas être pris vivants. De leur part une ultime preuve de lâcheté, si du moins il  faut en croire  les Américains, en général peu portés à respecter leurs ennemis lorsqu’ils n’ont plus rien à craindre d’eux. Al Qourashi et al-Baghdadi sont tous deux tombés en Syrie, l’un dans la région d’Alep, l’autre dans celle d’Idleb. Le plus dur pour leurs poursuivants, n’était pas de fondre sur eux le moment venu, mais de les retrouver dans la botte de foin où  ils avaient trouvé refuge. D’eux on pouvait dire qu’ils étaient morts dès lors qu’ils étaient localisés. La question d’ailleurs se pose de savoir si une fois qu’ils ont été localisés, il était d’un grand intérêt de les éliminer, ou alors de ne pouvoir les sauver d’eux-mêmes, leurs assaillants préférant en effet  les prendre vivants. Dans le cas d’al-Baghdadi  ses attaquants  sont partis avec son corps, qui était resté entier. Il semble qu’avec son successeur, cela n’était pas possible, celui-ci ayant eu le temps d’actionner sa ceinture explosive, ce qui tendrait à prouver qu’il n’avait pas été entièrement pris au dépourvu. Par mesure de précaution, par esprit de prévoyance, il devait être tout le temps ceint de son chapelet d’explosifs, peut-être même en dormant. Mais même ainsi, ses attaquants ont dû emporter avec eux quelque morceau de lui, pour pouvoir s’assure ensuite qu’il était bien celui qu’il recherchait. Ils n’avaient encore rien de son corps, mais ils avaient déjà son ADN. Ou sinon le sien propre, un autre auquel il pourrait comparer celui qu’ils ont dû prélever, faute du corps en entier. Un chef de Daech repéré, c’est un chef d’une certaine façon  déjà mort. Or un chef  vivant mais déjà dûment « tracé », c’est peut-être plus utile qu’un chef ennemi mort, du moment qu’il est déjà mort lorsque ses références sont découvertes. Entre le moment où un nouveau chef terroriste est désigné par son organisation, et celui où sa position est reportée sur une carte d’état-major, il peut se passer beaucoup de temps, et surtout beaucoup de morts. Nul doute en effet que Daech va donner un successeur à al-Qourachi. A priori son intérêt serait de ne pas révéler son identité, du moment que dès ce moment sa traque serait lancée. Comme elle ne serait pas qu’américaine, il faut s’attendre à ce qu’elle ne tarde pas trop à être couronnée de succès. D’autant moins si comme pour les deux chefs morts, sa tête était mise  à prix, à coups de millions de dollars. Celle de Qourashi montait à 10 millions de dollars. A ce prix, on peut imaginer  le nombre de chasseurs de primes qui s’étaient lancés à ses trousses. 10 millions de dollars non pas pour le ramener mort ou vif, mais seulement pour rapporte une information pouvant conduire jusqu’à son repaire. Pour moins que cela, beaucoup seraient prêts non pas seulement à dénoncer mais à livrer jusqu’à leur propre mère, si celle-ci était chef de Daech, ce qui cependant ne risque pas d’arriver. Pour être calife, il faut être mâle et irakien, et un soi-disant descendant de Qouraysh, ce qui limite le nombre des candidats à la fonction.

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