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mercredi 1 février 2023

La contribution si hâtive de Merkel à l’histoire de la guerre en Ukraine

Depuis le début de la guerre en Ukraine, les responsables en Occident ont dit un nombre incalculable de fois que l’attaque russe était injustifiable, la Russie, à les en croire, n’étant en rien menacée, ni par l’Ukraine ni par l’Otan, pour qu’à la fin, Angela Merkel dise contre toute attente que les accords de Minsk, présentés en leur temps comme une alternative à la guerre, en réalité n’avaient aucunement cet objectif, mais seulement celui de faire gagner du temps à l’Ukraine. La même Merkel, si elle était encore en responsabilité, se garderait bien de faire preuve d’une franchise doublée de cynisme, si contraire de surcroît au langage officiel encore de rigueur chez les Occidentaux, pour qui à l’évidence le temps n’est pas encore venu de dévoiler le dessous des cartes. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que les dirigeants actuels, les mêmes au moment où la guerre commençait, se mettent à parler comme elle sur un sujet aussi explosif, quand bien même ils sauraient que plus personne ne les croirait. Si demain Jens Stoltenberg par exemple, d’aventure le secrétaire général de l’Otan, donnait une conférence de presse, nul doute qu’il continuerait d’imputer la responsabilité de ce conflit à la seule Russie, de même que si l’ancienne chancelière allemande n’avait pas à cet égard déjà vendu la mèche, en affirmant à peu près le contraire.

Ce temps dont en 2014/2015 l’Ukraine avait besoin pour se préparer à un conflit alors seulement gelé, gelé par les accords de Minsk, n’a pas été perdu par elle, a-t-elle expliqué. Elle l’a au contraire mis à profit pour s’armer et se faire assister de différentes façons par ces mêmes pays amis, qui aujourd’hui encore se tiennent fidèlement à ses côtés. La porte-parole russe du ministère des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a réagi vivement à ces propos, passibles selon elles de poursuites devant une cour internationale de justice, dont toutefois elle n’a pas précisé la nature. On peut se demander si le plus révoltant pour Zakharova, ce ne serait pas plutôt ce qu’ils impliquent de naïveté de la part des Russes, qui au lieu d’attaquer dès ce moment, le rapport de force étant nettement en leur faveur, se sont laissés berner par des politiques européens, en l’occurrence des Allemands et des Français, qui ont réussi à briser leur élan, en les entraînant dans des négociations qu’eux les Européens savaient par avance tout à fait fallacieuses. La guerre que les Russes auraient pu alors gagner facilement, au moins en partie grâce à sa roublardise, à elle Merkel, ils sont maintenant en train de la perdre, comme en attesteraient les données du terrain. Cette dernière conclusion, elle aussi coule de source, même s’il faut la chercher entre les lignes de l’interview accordée au journal allemand Die Zeit, il y a de cela à peine une semaine. Bien entendu, il s’agit là d’une lecture après coup des événements qui se sont succédé depuis 2014, on peut même dire de leur révision de la part de quelqu’un qui était en fonction pendant les années où la guerre se préparait mais qui maintenant ne l’est plus. Ce genre de révélations, en général on les fait dans ses mémoires, et après des années du déroulement des faits, quand leur intérêt est devenu purement historique. On ne les balance pas alors que leurs conséquences sont encore effectives et que la guerre qu’ils ont contribué à déclencher fait rage.

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