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samedi 24 février 2024

Kremlin

 

Il y a encore quelques mois de nombreux médias occidentaux nous assuraient que Vladmir Poutine souffrait d’une maladie incurable, pourtant le président russe semble aujourd’hui en assez bonne condition physique pour vouloir briguer un nouveau mandat à la tête de son pays. Poutine a ainsi annoncé hier en marge d’une cérémonie de remises de décoration au Kremlin qu’il se présentera à la présidentielle du mois de mars 2024, ont rapporté les trois grandes agences de presse russe. « Je vais me présenter à la présidentielle », a confirmé l’intéressé peu de temps après. À 71 ans, le dirigeant russe qui a fait modifier la constitution russe en 2020, peut en effet se présenter à sa propre succession jusqu’en 2030 et se maintenir au pouvoir donc jusqu’en 2036. « À une autre époque, j’ai eu d’autres pensées concernant cette question. Mais je comprends qu’aujourd’hui il n’y a pas d’autre choix possible. Je vais donc me présenter au poste de président de la Russie », a déclaré le chef du Kremlin. il a confirmé ses intentions en répondant à la question posée lors d’un échange avec plusieurs personnes, dont des combattants, venant de recevoir des décorations officielles. Il a estimé que « le temps de prendre une décision (était) venu ». Valentina Matvienko, la présidente de la chambre haute du Parlement, a rapidement réagi sur Telegram : « Notre président n’a jamais fui et ne fuira jamais ses responsabilités. Aujourd’hui, il l’a de nouveau prouvé ». Comme l’annonçait le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov le 17 octobre dernier, « Vladimir Poutine n’avait aucun concurrent crédible ». Aucun détracteur du Kremlin ne devrait être en mesure de se présenter au scrutin, alors que les autorités répriment depuis des années l’opposition. Cette répression s’est accélérée avec l’offensive en Ukraine. La quasi-totalité des opposants d’envergure, à l’exemple du militant anticorruption Alexeï Navalny, ont été jetés en prison ou poussés à l’exil et toute critique de l’assaut contre l’Ukraine est sévèrement réprimée. Le scrutin se tiendra le 17 mars, peu après le deuxième anniversaire du lancement de l’offensive en Ukraine, toujours en cours, et à la veille du dixième anniversaire de l’annexion par la Russie, en 2014, d’un premier territoire ukrainien, la péninsule de Crimée. La Commission électorale russe a annoncé hier qu’il se tiendra sur trois jours, du 15 au 17 mars, une pratique instaurée pendant la pandémie de Covid-19, mais dénoncée par l’opposition comme un moyen de faciliter les fraudes. Après une année 2022 marquée par des revers sur le front et une volée de sanctions occidentales, Vladimir Poutine apparaît fin 2023 en meilleure posture avec l’échec de la contre-offensive lancée cet été par l’Ukraine, l’effritement du soutien européen et américain à Kiev et le redressement de l’économie nationale. La réélection de Poutine en mars prochain fait ainsi peu de doutes et lui offrira son cinquième mandat à la tête du pays. Président de 2000 à 2008 et l’est de nouveau depuis 2012. Touché par la limite de mandat, il avait cédé le Kremlin de 2008 à 2012 à un allié, Dmitri Medvedev, mais était resté en tant que premier ministre l’homme fort de la Russie. Même sans présumer de fraudes ou tout autre manipulation électorale, les peuples ont rarement faillit à reconduire leurs dirigeants en temps de guerre. Une guerre qui pourrait être écourté en cas de victoire d’un Républicain à la Maison-Blanche, pour l’instant principal soutien de Kiev, alors que les peuples occidentaux sont de plus en plus nombreux à questionner les aides massives provenant de leurs pays et soutenant quasi seules l’effort de guerre ukrainien. Une fin de la guerre en Ukraine pourrait ainsi après quelques années normaliser à nouveau les relations de Vladimir Poutine avec une majorité des nations à travers le globe.

 

Fouzia Mahmoudi

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