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mardi 28 juin 2022

Journée mondiale contre les violences faites aux femmes: Ces Algériennes qui souffrent en silence

Le 25 novembre, c’est la journée de lutte contre les violences faites aux femmes. Alors que la communauté internationale se mobilise pour lutter contre ces sévices que subissent trop de femmes, les chiffres de la brutalité dans les ménages en Algérie sont plus qu’alarmants. Aujourd’hui, comme on le voit, les violences faites aux femmes prennent l’ampleur d’une épidémie. Elles portent gravement atteinte aussi bien à la santé publique qu’aux droits de l’Homme. Les enquêtes et études menées dans notre pays ont dévoilé la proportion prise par les violences physiques, sans pour autant réduire la portée des autres souffrances éprouvées par les victimes qui, pour des raisons liées surtout à l’environnement et au niveau culturel, sont cachées dans la plupart des cas : violence psychologique, harcèlement sexuel, etc. Pourtant la législation a changé, car depuis 2015 une loi protégeant les victimes a été adoptée. Un texte qui renforce les peines contre toute forme de maltraitance, cela va jusqu’au au harcèlement de rue. Bien que celles-ci jouissent de plus de droits, les femmes n’osent toujours pas porter plainte. Il reste encore beaucoup à faire pour briser la loi du silence. A cet effet, les représentants d’organisations nationales ont appelé au renforcement de la protection et des mesures de prise en charge et de protection des femmes victimes de différentes formes de violence, et ce, à travers la mise en place de mécanismes à même d’accompagner cette frange de la société et de veiller à son insertion sociale. La présidente de l’association nationale « SOS femmes en détresse », Meriem Belala, a mis l’accent sur l’importance « pour les associations de participer à la cristallisation des programmes des assemblées locales élues pour proposer certains axes », notamment en matière de prise en charge et d’accompagnement des femmes violentées, afin de faire aboutir ces mesures particulièrement au niveau local. La même intervenante a plaidé, dans ce sens, pour « l’ouverture de guichets dédiés à l’accompagnement social dans les programmes des communes en vue de relancer cet accompagnement par la coordination avec les associations activant dans les domaines de la femme et de la famille, et ce, à travers la mise en place de mécanismes sur terrain visant l’accompagnement des femmes en détresse et violentées ou en situation sociale difficile. Mme Belala a estimé nécessaire de renforcer les moyens d’insertion socioprofessionnelle des femmes et des jeunes filles victimes de violence, notamment à travers l’accès à des sessions de formation afin de permettre à ces catégories d’acquérir les compétences pour leur autonomie économique, en leur offrant des opportunités de créer des activités génératrices de revenus et de s’inscrire à l’enseignement à distance pour poursuivre leurs études. Déplorant le manque enregistré en termes de centres d’accueil des femmes violentées notamment sur le plan local, la même responsable a appelé à l’impératif de lui accorder la priorité en vue de créer des espaces à cet effet qui seront dotés d’équipes pluridisciplinaires, à l’instar de psychologues, de juristes et d’assistants sociaux au profit de cette frange de la société. La même intervenante a appelé à la création de centres d’accueil au profit des enfants des familles victimes de violence en vue de leur fournir l’accompagnement social et la prise en charge nécessaires et les protéger des séquelles liées aux conditions familiales difficiles vécues. Après avoir plaidé pour l’intensification des campagnes de sensibilisation de la société aux dangers des violences en général et des violences faites aux femmes en particulier, étant un membre essentiel de la famille, noyau de la société, Mme Belala a mis l’accent sur l’impérative exploitation des maisons de jeunes et des espaces culturels en vue du renforcement des capacités de cette frange à travers l’organisation de sessions de formation dans les différents domaines, en sus de leur accompagnement pour mettre en avant leurs capacités et leurs créations. La présidente de la commission des femmes travailleuses de l’UGTA, Soumia Salhi a, pour sa part, mis l’accent sur l’importance de protéger la femme travailleuse de toute forme de harcèlement en milieu professionnel, rappelant la loi qui criminalise le harcèlement sexuel. Elle a appelé à introduire des dispositions « pour la protection des personnes témoins de cas de violences faites aux femmes en milieu professionnel et à revoir les moyens de preuve dans les cas de harcèlement sexuel ». La coordinatrice au centre d’écoute du Réseau « Wassila », Ouarek Amedjout Nadia a, pour sa part, indiqué que le Réseau œuvre à accompagner psychologiquement et juridiquement les femmes et les enfants victimes de violences, en entreprenant certaines mesures d’insertion sociale de cette catégorie. Sur les appels reçus par le Réseau, la même responsable a indiqué que la plupart des cas sont liés à la violence conjugale, alors que d’autres concernent des demandes d’informations ou d’orientations, étant donné que le réseau consacre une journée par semaine pour accueillir les femmes violentées. Elle a appelé à consacrer des espaces d’accueil pour ces femmes et assurer les mesures nécessaires à leur insertion sociale.
Meriem Benchaouia

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