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mercredi 22 mai 2024

Israël, un allié pas comme les autres

Dans les toutes premières heures suivant la riposte iranienne dans sa profondeur, Israël a donné l’impression, au vu notamment de l’échec supposé de l’attaque et du désir de ses alliés occidentaux qui y ont été pour quelque chose de le voir se contenir, non seulement de ne rien faire dans la précipitation, mais de ne rien faire du tout contre l’Iran, sinon sur le plan diplomatique. Il n’a pas fallu attendre longtemps avant qu’il ne se mette à tenir un autre discours, un discours en vérité qui lui ressemble beaucoup plus, tout en étant d’une tonalité nettement moins acerbe et vindicative, selon lequel sa réponse aura lieu, mais qu’elle sera telle qu’elle ne provoquera pas la conflagration redoutée par tout le monde. Autrement dit, de même que l’Iran ne pouvait pas ne pas répliquer à l’agression contre son ambassade à Damas, de même ne peut-il lui laisser passer l’attaque qu’il vient de subir sans que cela soit compris par l’Iran et ses autres ennemis comme un aveu de faiblesse ; peut-être même comme une invitation à l’attaquer encore et encore. A part son chef d’état-major qui a parlé de riposte inévitable, mais sans être particulièrement menaçant ce disant, adoptant pour la circonstance le ton posé de qui se borne à exprimer une simple attitude de principe, les autres responsables israéliens, dont le premier d’entre eux, Benyamin Netanyahou, se sont gardés de rien annoncer publiquement à ce sujet.

Les médias occidentaux ont néanmoins rapporté, citant des responsables israéliens ayant apparemment requis l’anonymat, que la décision de contre-attaquer a été prise, mais que celle du passage à l’acte ne l’est pas encore. A cela il convient d’ajouter les propos allusifs des porte-parole américains, John Kirby tout le premier, comme quoi Israël a bien l’intention de riposter à la riposte, malgré l’opposition des Etats-Unis et des autres alliés d’Israël, et quoi qu’il advienne ensuite, les Etats-Unis défendront Israël. On aura remarqué que ces derniers temps, les Américains ne parlent plus, ou alors rarement, d’Israël comme d’un allié privilégié capable par lui-même de se défendre, mais comme d’un protégé loin de disposer d’une armée redoutable, d’une puissance nucléaire, qui plus est la seule dans la région. L’intérêt bien compris d’Israël le pousserait à agir en harmonie avec des alliés qui ont montré qu’ils étaient fiables. Comme ils sont unanimes à lui demander de ne pas répondre à l’attaque de l’Iran, de se retenir militairement, mais au contraire de se redéployer diplomatiquement, il aurait tout à gagner à les écouter, à agir conformément à leur avis. Le hic, c’est qu’Israël n’est pas un allié comme les autres. En particulier, il n’a pas été créé pour vivre en paix dans la région mais pour constituer pour elle une menace perpétuelle. S’il est attaqué si peu que ce soit et qu’il ne réponde pas au centuple, comme on le voit faire à Ghaza depuis maintenant plus de six mois, alors c’est qu’il lui faut s’attendre au pire, c’est qu’il est déjà en danger de mort. La cohésion sociale et politique d’Israël repose sur sa suprématie militaire dans la région, sur rien d’autre. Si celle-ci est mise en doute, il est menacé de désintégration. Il a été créé par les Occidentaux pour être un pays de lait, de miel et de complète sécurité pour ses habitants, non pour que ceux-ci s’y retrouvent plus en danger que nulle part ailleurs dans le monde.

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