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mercredi 22 mai 2024

Israël passe à la vitesse supérieure dans la mise en œuvre de son plan pour Ghaza

Ayant échoué à vider le nord de Ghaza de toute sa population, Israël s’autorise – fort de l’appui inconditionnel que lui apportent ses alliés occidentaux, les Américains tout les premiers qui lui envoient porte-avions armes et munitions en tout genre dans sa guerre actuelle contre le Hamas – à bombarder le plus vieil hôpital de Ghaza, l’hôpital al-Maamdani, un vénérable établissement appartenant à l’église anglicane de Jérusalem qui est en service depuis 1882. Pourquoi cette cible plutôt qu’une autre ? Parce que des milliers de Ghazaouis, parmi ceux qui n’ont pas voulu se déplacer au sud ou qui n’ont pas pu le faire, ont cru y trouver une protection sûre dans sa cour, pensant dans leur naïveté que même Israël ne serait pas assez criminel pour les attaquer dans l’enceinte d’un hôpital, qui plus est de cette réputation. Résultat : plusieurs centaines de morts d’un seul coup. Une fois le crime commis, Israël l’a imputé au Jihad islamique, non pas pour être cru, mais juste pour permettre aux médias occidentaux de prétendre ne pas savoir qui en définitive en est responsable.

Par ailleurs, il ne permet toujours pas à l’aide humanitaire de traverser le passage de Rafah, pour être livrée à plus de deux de millions de Palestiniens
manquant de tout. Pendant combien de temps peut-il continuer à les affamer et à les massacrer ? Aussi longtemps que ses crimes ne soulèvent qu’indignation et condamnations hors du cercle de ses alliés. Or Joe Biden a fait le déplacement justement pour l’assurer de tout son soutien. L’idée d’annuler sa visite à Tel-Aviv ne semble pas même
l’avoir effleuré, alors même que la rencontre prévue à Amman avec le roi Abdallah, le président Sissi et le président Abbas, a quant à elle été annulée. Dans un contexte aussi encourageant pour Israël, il ne serait pas étonnant qu’il bombarde un autre hôpital avant même que le président américain ne soit reparti. Dans son cas, on sera toujours plus près de la réalité en lui attribuant la pire des intentions. Partant de ce principe, on aurait pu d’ailleurs prévoir le massacre d’al-Maamdani, ce qui ne veut pas dire qu’il était possible de l’éviter. Depuis le 7 octobre, plus de deux millions de Palestiniens sont en danger réel, quotidien de mort. Il en meurt des dizaines par jour. Le monde assiste en direct à un génocide, et il ne peut rien faire sinon regarder et déplorer que le conflit du Moyen-Orient ait pris cette tournure. A quoi faut-il maintenant s’attendre le plus, en dehors bien sûr de la poursuite du massacre des Palestiniens, que rien ne semble pouvoir arrêter, pas même la perspective de rétorsions par le Hamas dont les prisonniers et otages entre ses mains
sont susceptibles d’en faire les frais ? A l’élargissement du conflit, car Israël se montre plus déterminé encore à canaliser vers l’Egypte les habitants de Ghaza. Pour lui une occasion historique se présente qu’il lui faut saisir car elle risque de ne pas se renouveler. C’est à cela qu’il s’emploie en vérité, bien plus qu’à éradiquer le Hamas. S’il en est ainsi, alors de deux choses l’une : ou bien l’Egypte se laisse forcer la main, et donne refuge à deux millions de Palestiniens, ou bien elle s’y refuse, et dans cas elle n’autre choix que de se préparer à nouveau à la guerre. Ce qui vaut pour l’Egypte vaut pour la Jordanie, car il est bien évident que si la population de Ghaza est poussée comme du bétail en Egypte, celle de Cisjordanie connaîtra un sort similaire. Le plan israélien pour Ghaza est en fait un plan pour toute la Palestine.

 

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