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lundi 20 mai 2024

Israël appendice des Etats-Unis

Entre autres choses qu’il faut retenir du discours très attendu du leader de vendredi dernier du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, il y a le ravalement, le rabaissement d’Israël au statut de simple mandataire (le terme le plus utilisé aujourd’hui pour le dire est son correspondant anglais de proxy) des Etats-Unis, une conséquence découlant directement de sa débâcle du 7 octobre. Certes, ce n’est pas la première fois qu’il est question de l’entité sioniste comme d’un instrument, d’un prolongement au loin, et même du 51e Etat des Etats-Unis, sans le soutien desquels en effet il cesserait bientôt d’exister. Israël serait ainsi fait que sa colonne vertébrale se situe hors de lui. Il n’en reste pas moins que jusqu’à récemment on parlait encore de ses victoires comme si elles étaient réellement les siennes, et non pas celles des Etats-Unis, de même que si elles auraient pu être obtenues par lui y compris en leur absence. On peut rendre la même idée mais en procédant autrement. En Ukraine, les Etats-Unis mènent une véritable guerre par procuration, armant et finançant Kiev pour ainsi dire à flux tendus. Mais ces mêmes Etats-Unis qui ne peuvent se permettre une défaite en Ukraine n’envisagent aucunement d’y envoyer des troupes.

L’Ukraine est leur proxy, il le restera jusqu’au bout, quand bien même il serait vaincu. Les Américains feront tout certes pour qu’il ne le soit pas, mais s’il l’était malgré leurs efforts, ils n’iraient pas jusqu’à lui venir en aide avec leurs propres soldats. La guerre contre Ghaza commençait à peine qu’ils y ont dépêché toute une flotte, soi-disant pour dissuader ceux qui dans la région seraient tentés d’élargir le conflit ou d’en tirer profit, en réalité parce qu’ils ont accouru au secours d’un Israël en train de perdre pied. Ils ont d’ailleurs fait savoir qu’au besoin ils interviendraient directement dans la guerre. Il n’y a pas de doute à avoir à cet égard : ils le feraient sûrement si l’invasion de Ghaza par l’armée israélienne tournait mal, un scénario assez peu probable certes, mais qu’il faut aujourd’hui encore garder à l’esprit. Depuis le début de cette nouvelle guerre israélo-palestinienne, Joe Biden n’a cessé d’établir un lien entre les deux guerres, insistant sur le fait qu’il fallait les mener de front quoi qu’il en coûte, et les remporter l’une comme l’autre, qu’une défaite dans l’une ou l’autre, et davantage encore dans les deux en même temps, aurait de graves conséquences sur le leadership des Etats-Unis. Mais si de son point de vue la guerre en Ukraine est et restera une guerre par procuration, celle d’Israël contre Ghaza, elle par contre, n’en est pas une à proprement parler, même si jusqu’à présent il ne semble pas qu’il y ait des militaires américains pour prendre part aux combats. Ce ne serait d’ailleurs pas une grosse différence si c’était le cas, vu que l’armée d’Israël, à l’image de sa population, est composée de militaires de carrière et de réserves qui ont la double nationalité. Quand on se bat contre Israël, c’est quasiment contre tout l’Occident qu’on le fait. En Ukraine, les Etats-Unis défendent leur statut de première puissance mondiale. En Palestine aussi ils défendent leur leadership, mais il y autre chose, ils se défendent eux-mêmes par la même occasion. Entre autres leçons dispensées par le 7 octobre, et de façon à ce qu’on n’y revienne plus, c’est qu’Israël et les Etats-Unis en réalité ne font qu’un. Faire la guerre à l’un, c’est la faire à l’autre. Malgré cela cette guerre est gagnable, telle est la deuxième leçon du 7 octobre. Le discours de Nasrallah comportait ce double message.

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