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samedi 24 février 2024

Isolement

La reprise de l’Accord sur le nucléaire iranien semble aujourd’hui très improbable et les discussions qui ont été suspendues lors de la révolte échouée du peuple iranien contre le régime des mollahs ne sont pas près de reprendre de sitôt. L’administration Biden, qui a traîné des pieds durant des années, a ainsi trouvé dans la répression brutale du régime iranien de son peuple en septembre 2022 une excuse idéale pour arrêter le processus de négociations avec Téhéran. Toutefois, le président iranien, Ebrahim Raïssi, s’est félicité hier que les Occidentaux n’aient «pas réussi à isoler» son pays, tout en réaffirmant être disposé à poursuivre les négociations sur le nucléaire. «L’ennemi a essayé de suivre deux stratégies : l’une consistait à isoler l’Iran du monde et l’autre à décourager la nation iranienne. Il a échoué dans les deux stratégies. Il n’a pas réussi à isoler l’Iran», a déclaré Raïssi au cours d’une conférence de presse à Téhéran. Il faisait allusion aux sanctions appliquées par les Occidentaux depuis le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire en 2018, mais aussi au mouvement de contestation ayant secoué le pays à l’automne 2022 après la mort en détention de Mahsa Amini, arrêtée par la police des mœurs qui lui reprochait de ne pas avoir respecté l’obligation du voile. Les autorités ont présenté ces manifestations comme ayant été orchestrées de l’extérieur. Le président, considéré comme un ultra-conservateur, a précisé que son pays continuait à chercher «la levée des sanctions», essentiellement américaines, par la relance des négociations sur l’accord nucléaire, connu sous l’acronyme JCPOA. Mais «nous ne lions pas l’économie du pays aux volontés des pays occidentaux», a-t-il prévenu. Les tensions entre Téhéran et Washington se sont récemment apaisées avec l’annonce, début août, d’un accord de libération de cinq Américains détenus en Iran en contrepartie d’un transfert de six milliards de dollars de fonds iraniens bloqués en Corée du Sud. Mais ce fragile arrangement ne laisse pas entrevoir un accord sur le nucléaire à l’approche de la présidentielle américaine de 2024. Deux ans après son arrivée au pouvoir, Raïssi a mis en avant les récents succès diplomatiques que représentent le rapprochement entre l’Iran et les pays arabes, Arabie saoudite en tête, et son adhésion à l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et au bloc des Brics. Ces adhésions aux alliances de pays émergents «constituent une bonne opportunité de contrer l’unilatéralisme américain», a-t-il déclaré, indiquant également que son gouvernement travaillait «à réduire l’influence du dollar» sur l’économie du pays. Néanmoins, avec l’élection présidentielle américaine qui approche l’on peut se demander quel sort connaîtrait l’Iran si Donald Trump, qui a le pays en horreur, venait à être élu pour quatre ans à la Maison-Blanche. Lui, comme tous les autres candidats républicains, vouent en effet une aversion particulière au pays des mollahs, qu’il a réussi à mettre à genoux financièrement lors de son mandat et qui pourrait dès 2024, en cas de victoire des conservateurs, devenir une nouvelle cible pour Washington.

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