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mercredi 30 novembre 2022

Iran: Affrontements lors de la quatrième semaine de manifestations

Des écolières ont scandé des slogans, des salariés se sont mis en grève et des affrontements avec les forces de l’ordre ont éclaté hier en Iran, où les manifestations déclenchées par la mort de Mahsa Amini sont entrées dans leur quatrième semaine, selon des ONG.

Par Rosa C.  
La colère s’est enflammée après le décès de cette Kurde iranienne de 22 ans le 16 septembre à l’hôpital, trois jours après son arrestation à Téhéran par la police des mœurs pour infraction au code vestimentaire strict de la République islamique pour les femmes, prévoyant notamment le port du voile. Les autorités iraniennes ont affirmé vendredi que Mahsa Amini était décédée des suites d’une maladie et non de «coups» portés à la tête, alors que sa famille avait indiqué qu’elle était auparavant en bonne santé. Les manifestations se sont poursuivies hier en Iran, dans le cadre de ce mouvement de contestation qui a également donné lieu à des rassemblements de solidarité avec les femmes iraniennes ces dernières semaines à travers le monde. A Saqez, ville natale de Mahsa Amini dans la province du Kurdistan, des écolières ont scandé «Femme, vie, liberté», et des filles marchant dans une rue ont retiré leur foulard pour l’agiter au-dessus de leur tête, selon des vidéos enregistrées hier, a indiqué l’ONG de défense des droits humains Hengaw, basée en Norvège. Malgré les restrictions d’accès à Internet par les autorités cherchant ainsi à empêcher les rassemblements et la diffusion d’images de la répression, les manifestants ont adopté de nouvelles tactiques pour faire passer leur message. A l’image de cette grande banderole placée sur un viaduc de l’autoroute Modares traversant le centre de Téhéran, selon des images en ligne vérifiées par l’AFP, sur laquelle il est écrit : «Nous n’avons plus peur. Nous allons nous battre». Une vidéo largement partagée montre un homme en train modifier le texte d’un slogan sur un grand panneau d’affichage public où la phrase «La police est au service du peuple» est devenue «La police tue le peuple».
Dans une autre forme de protestation, des «grèves générales» ont lieu à Saqez, Sanandaj et Divandarreh, dans la province du Kurdistan, ainsi qu’à Mahabad, dans la province d’Azerbaïdjan occidental, selon Hengaw.
A Sanandaj, des coups de feu ont retenti lors d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, selon des images partagées par le média en ligne 1500tasvir, qui recense les violations des droits humains.
Des manifestations ont aussi eu lieu à Chiraz (sud) ainsi qu’à Karaj, ville située à l’ouest de Téhéran, et à Kerman (sud), selon la même source. L’AFP n’a pas été en mesure, dans l’immédiat, de vérifier les images de 1500tasvir. La répression s’est accrue depuis le début du mouvement de contestation, le plus important depuis les manifestations contre la hausse des prix l’essence en 2019. Au moins 92 personnes ont été tuées depuis le 16 septembre, selon l’ONG Iran Human Rights, basée à Oslo, alors qu’un bilan officiel fait état d’environ 60 morts parmi lesquels 12 membres des forces de sécurité.
Le président ultraconservateur, Ebrahim Raïssi, qui a participé hier à une cérémonie dans une université de Téhéran marquant le début de l’année universitaire, a imputé les troubles à des forces extérieures et affirmé que les étudiants ne serviraient pas les intérêts de «l’ennemi».
L’Iran a accusé à plusieurs reprises des forces extérieures d’attiser les manifestations, notamment les États-Unis, son ennemi juré. La semaine dernière, Téhéran a annoncé que neuf ressortissants étrangers, notamment de France, d’Allemagne, d’Italie, de Pologne et des Pays-Bas, avaient été arrêtés. Vendredi, Paris a appelé les Français «de passage en Iran» à «quitter le pays dans les plus brefs délais, compte tenu des risques de détention arbitraire auxquels ils s’exposent».
 R. C.

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