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mardi 28 juin 2022

Investiture

Comment les électeurs de droite peuvent-ils continuer à faire confiance à leurs représentants politiques lorsque ceux-ci ne cessent de se déchirer et semblent incapables de se mettre d’accord sur la ligne à suivre pour les prochaines élections régionales de juin ? Surtout après que des élus de droite aient choisi, contre l’avis même de leur président, Les Républicains, de nouer des alliances avec La République En Marche. La fédération LR des Alpes-Maritimes, dirigée par le député Éric Ciotti, a ainsi annoncé cette semaine qu’elle retirait son soutien pour les élections régionales à la liste de Renaud Muselier sur laquelle figurent des candidats de la majorité présidentielle. «Nous avons, malgré les engagements qui avaient été pris devant la commission nationale d’investiture, constaté que Renaud Muselier avait passé un accord politique avec le pouvoir macronien», estiment les Républicains des Alpes-Maritimes dans une motion adoptée par 84 % des membres du comité départemental du parti, selon un communiqué. Évoquant l’ouverture de la liste de droite à des candidats de LREM, cette motion dénonce un accord «directement négocié et imposé par l’Élysée pour essayer de déstabiliser notre famille politique à moins d’un an des élections présidentielles». «Cette alliance constitue une insulte faite aux militants et à nos candidats engagés aux élections départementales», continue encore la motion adoptée par les représentants de cette fédération qui se revendique la première de France. 12 % des membres du comité se sont opposés à cette motion et 4 % se sont abstenus, précise encore le communiqué. Vendredi, lors de la présentation de sa liste «Notre région d’abord», le président sortant de la région, Renaud Muselier, avait critiqué certains membres de LR opposés à l’ouverture de sa liste à une quinzaine de membres de la majorité présidentielle qui, selon lui, «remettent en cause la ligne rouge ‘’pas de compromission avec le Front national’’». Début mai, la main tendue par le Rassemblement National à la majorité présidentielle, saisie par le Premier ministre, Jean Castex, qui avait annoncé le retrait de la liste de Sophie Cluzel en évoquant une «recomposition politique», avait créé un psychodrame chez Les Républicains. Après des débats acharnés au sein de LR, le parti avait finalement décidé de maintenir son soutien à Renaud Muselier, à la condition qu’il renonce à accueillir des candidats de la majorité. Ayant appelé plusieurs fois au retrait du soutien du parti au président sortant de la région, Éric Ciotti avait déjà annoncé qu’il ne soutiendrait pas Renaud Muselier, épaulé notamment par le maire de Nice et rival local de Eric Ciotti, Christian Estrosi, qui a quant à lui fait le choix de quitter LR il y a quinze jours. Mais ces querelles plus que l’instabilité actuel des Républicains montrent surtout que le parti de droite n’est pas prêt encore à présenter un candidat solide pour la prochaine présidentielle et pourrait même, en désespoir de cause, choisir d’adouber Xavier Bertrand qui avait pourtant claqué la porte du mouvement en 2017. Reste à voir au niveau local si le pari de Renaud Muselier se montrera gagnant et si les électeurs sont favorables à une alliance LR-LREM, ou si au contraire ils préféreront faire barrage à ce candidat en donnant leurs voix au candidat RN, Thierry Mariani, qui ne cesse de grimper dans les sondages ces dernières semaines.
F. M.

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