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lundi 27 juin 2022

Intérêts

Lorsque Boris Johnson devenait Premier ministre de Grande-Bretagne en juillet 2019, beaucoup prédisaient qu’il formerait alors un duo solide avec le président américain de l’époque, Donald Trump, avec lequel il partageait le goût des déclarations à l’emporte-pièce et des prises de positions polémiques. Mais aujourd’hui, alors que Joe Biden est à la Maison-Blanche, Johnson doit malgré tout se montrer accommodant avec le président démocrate avec lequel il n’a pas beaucoup de points communs. Le Premier ministre britannique assure ainsi qu’entre le Royaume-Uni et les États-Unis, la relation est «profonde et significative». C’est en ces termes que Boris Johnson a défini ses rapports avec les Américains, à l’occasion d’une rencontre avec Joe Biden. Le Chef du gouvernement britannique et le président américain ont eu l’occasion de se voir à la veille du sommet des dirigeants du G7. «Il s’agit d’une relation que vous pouvez appeler relation profonde et significative, comme vous voulez, relation indestructible», a réagi le Premier ministre à l’occasion d’une interview, vendredi matin, sur la BBC. D’après Boris Johnson, cette relation dure «depuis très longtemps» et a joué un rôle «important» dans la paix et la prospérité, en Europe et dans le monde. Lors de leur tête-à-tête, le Premier ministre britannique et le Président Biden ont abordé 25 sujets en détail, parmi lesquels les perturbations induites par le Brexit en Irlande du Nord. Boris Johnson a minimisé le mécontentement de Joe Biden, fier de ses origines irlandaises, au sujet des tentatives de Londres de revenir sur le «protocole nord-irlandais». Ce dispositif évite le retour d’une frontière avec l’Irlande, mais perturbe les approvisionnements entre la Grande-Bretagne et la province nord-irlandaise. Que ce soit lui, l’Union européenne, Washington, «tout le monde a un intérêt énorme à s’assurer que nous gardons la symétrie essentielle de l’accord du Vendredi saint», qui a mis fin en 1998 à trois décennies de conflit sanglant entre loyalistes, attachés à la couronne britannique et républicains, favorables à la réunification de l’île. «Je pense qu’on peut y arriver», a assuré Boris Johnson. Le Premier ministre conservateur a également évoqué avec Joe Biden l’affaire, très suivie au Royaume-Uni, de la mort de Harry Dunn, tué dans un accident de la route causé par l’épouse d’un diplomate américain. Cette dernière était rapidement repartie aux États-Unis, invoquant l’immunité diplomatique. Joe Biden est «activement engagé dans cette affaire», a affirmé Boris Johnson. Le chef d’État a «ses propres raisons personnelles de se sentir profondément concerné par cette question», pour avoir perdu sa première épouse et sa fille d’un an dans un accident de voiture en 1972. Selon Boris Johnson, la «difficulté réside dans les limites à ce que l’exécutif peut faire avec […] le système judiciaire, mais les deux parties travaillent ensemble». Reste que la relations entre Londres et Washington est depuis longtemps mise en avant, déjà du temps de Tony Blair et de George W. Bush il y a de cela vingt ans déjà, et Biden comme Johnson, s’ils ne partagent pas une vision du monde commune, savent faire de cette relation un atout qui sert les intérêts des deux nations.

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