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samedi 10 décembre 2022

Insupportable

Les personnalités politiques sont souvent accusées d’utiliser certaines thématiques, non par sincérité idéologique mais par simple souci électoraliste. L’instrumentalisation de sujets qui intéressent les électeurs n’est pas nouvelle, mais elle se retourne rarement aussi brutalement contre ses utilisateurs que ces dernières semaines au sein de La France Insoumise. Le mouvement d’extrême-gauche qui a déclaré considérer la violence contre les femmes comme étant une cause nationale est aujourd’hui empêtré dans l’affaire de violence domestique de l’un de ses cadres les plus proéminents, Adrien Quatennens. Car loin de l’exemplarité que l’on aurait cru LFI avoir à cœur d’offrir, le parti n’a cessé ces dernières semaines de défendre coûte que coûte le député, certains de ses camarades n’hésitant pas à le «féliciter» de son «courage» après qu’il ait admis avoir, entre autres, giflé sa femme. Surtout, Quatennens va également conserver son siège de député, et probablement débattre de textes de loi dans les mois à venir, relatifs à la violence faite aux femmes. Une situation ubuesque qui crée un malaise au sein de la NUPES. Fabien Roussel, secrétaire général du Parti communiste français, interpellé sur «l’affaire Quatennens», s’est montré de son côté très ferme. La décision de ses collègues Insoumis qui ont considéré, malgré des débats internes, que Quatennens pouvait conserver son mandat est «insupportable» pour Fabien Roussel, également député du Nord. «Si un député de mon groupe à l’Assemblée Nationale était auteur de violences conjugales et qu’il avouait les avoir commises, je lui dirai qu’il ne peut pas rester au sein du groupe, qu’il ne peut pas rester député», a assuré le secrétaire national du PCF. Enchaînant : «Comment peut-il aller voir les citoyens de sa circonscription, représenter la République avec son écharpe, quand on avoue avoir commis un acte de cette nature ? On ne peut pas l’accepter. Il doit y avoir une tolérance zéro», a-t-il jugé. Cette nouvelle prise de position vient mettre à mal les tentatives de LFI pour enfin tourner la page de cette affaire. Elle ne permettra pas non plus d’arranger les relations glaciales depuis la présidentielle entre les Insoumis et Fabien Roussel, pourtant réunis sous la même bannière de la NUPES. Mais le chef de file des communistes pointe là du doigt une contradiction qui polluera tout le reste du mandat de Quatennens s’il décide de conserver sa députation et qui servira de parfaite munition aux opposants de LFI qui pourront souligner l’hypocrisie des Insoumis qui n’utilisent les causes des femmes que comme thématique électorale. Reste à voir si le député mis en cause finira par quitter le Parlement pour épargner son parti, ou si soutenu par ses camarades, il passera outre les critiques et prouvera bien une fois pour toutes que LFI ne se sert des femmes et des violences qui leur sont faites que comme d’un gadget électoral que l’on range dans le placard lorsqu’il devient trop encombrant.

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