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mercredi 17 août 2022

Ingérence

Ceux qui imaginaient que l’arrivée de Joe Biden dénouerait instantanément la crise avec Téhéran semblent s’être fait des illusions, car aujourd’hui, plus de six mois après le début de sa présidence, le dirigeant démocrate a été incapable de tenir sa promesse de reprise de l’Accord sur le nucléaire iranien dont était sorti Donald Trump en 2018. Non seulement cette promesse n’a pas été tenue, pour le moment en tout cas, il semblerait surtout que les relations avec la République islamique soient toujours aussi mauvaises et tendues. L’Iran accuse en effet aujourd’hui les États-Unis d’«ingérence» dans les affaires intérieures de Cuba, après des manifestations sans précédent dans l’île caribéenne, dirigée par les communistes et qui fait l’objet de sanctions américaines depuis des décennies. Les manifestations ont éclaté spontanément dans plusieurs villes dimanche, alors que Cuba traverse sa pire crise économique depuis 30 ans, avec des pénuries chroniques d’électricité, de nourriture et de médicaments. «Alors que les États-Unis sont principalement responsables des nombreux problèmes du peuple cubain, ils expriment maintenant leur soutien aux manifestations à Cuba», a dénoncé, dans un communiqué, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh. Il accuse Washington, ennemi juré de Téhéran, de «chercher à s’ingérer dans les affaires intérieures du pays». L’Iran, également sous le coup de sanctions américaines, «exprime sa solidarité avec le peuple et le gouvernement de Cuba», a-t-il ajouté. Un homme est mort et plus d’une centaine de personnes, parmi lesquelles des journalistes indépendants et des opposants, ont été arrêtées à Cuba pendant les manifestations. Certaines étaient toujours détenues mardi, selon des militants et des observateurs. La Havane, sous sanctions américaines depuis 1962, a imputé ces manifestations de mécontentement à Washington, qui poursuit une «politique d’étranglement économique pour provoquer des troubles sociaux». Depuis la révolution iranienne de 1979 qui a renversé le régime pro américain du Shah Mohammad Reza Pahlavi, l’Iran et Cuba se sont régulièrement soutenus diplomatiquement, la République islamique condamnant l’embargo américain contre l’île et La Havane défendant le droit de l’Iran au nucléaire civil. Il semblerait ainsi que pour le moment, loin de chercher à apaiser ses relations avec Washington, Téhéran continue à se poser en opposant acharnée de la Maison-Blanche quitte à mettre encore un peu plus en péril le retour américain dans l’Accord de Vienne. Aujourd’hui, alors que la pression sur les Iraniens est toujours plus forte, ces derniers étant accusés, notamment par les Européens, de ne pas fournir les efforts nécessaires pour montrer patte blanche aux Américains, la République islamique continue de provoquer la Maison-Blanche, rendant la perspective d’un règlement rapide avec l’administration Biden encore plus difficile.

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