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jeudi 18 août 2022

Inflation

Prcep Tayyip Erdogan ressemble chaque jour un peu plus aux caricatures les plus grotesques de dictateurs. C’est ainsi, presque sans surprise, que le président turc a limogé le chef de l’agence nationale des statistiques, selon un décret publié hier, après la publication des chiffres annuels de l’inflation. Le chef de l’Office national des statistiques, Sait Erdal Dincer, a été critiqué après avoir publié, début janvier, des données qui placent le taux d’inflation annuel à 36,1%, son plus haut niveau en 19 ans. Le chef de l’État n’a pas expliqué sa décision de nommer à sa place Erhan Cetinkaya, ancien vice-président du régulateur bancaire turc, au poste de nouveau chef des statistiques de l’État. L’opposition a déclaré que le chiffre était sous-estimé, affirmant que l’augmentation réelle du coût de la vie était au moins deux fois plus élevée. L’inflation s’est envolée à plus de 36% sur un an en décembre en Turquie, un record depuis septembre 2002, dû à la dégringolade de la livre turque. La hausse des prix à la consommation, plus de sept fois supérieure à l’objectif initial du gouvernement, à 13,58% sur le seul mois de décembre, s’explique par la chute de près de 45% de la livre turque face au dollar en un an, malgré des mesures d’urgence annoncées par le chef de l’État, mi-décembre. À dix-huit mois de l’élection présidentielle, conscient des dommages causés, non seulement à l’économie, mais aussi à sa cote de confiance, Erdogan avait promis début janvier de «ramener l’inflation à un chiffre le plus vite possible». Car ces chiffres sont l’objet d’une âpre bataille politique : l’opposition et une partie de la population accusent l’Office national des statistiques (Tüik) de sous-estimer sciemment la hausse des prix, alimentée par la politique économique du président qui a poussé la Banque centrale turque à abaisser systématiquement ses taux d’intérêt ces derniers mois. Mais casser le thermomètre ne va pas faire tomber la fièvre et la piètre gestion économique du pays depuis 20 ans d’Erdogan ne peut être éternellement cachée au peuple turc qui même sans chiffre voit bien dans son quotidien que la vie est devenue d’une cherté difficile à surmonter. Reste à voir si le changement dans la constitution turque que souhaite le chef de l’État qui pourrait lui permettre de rester au pouvoir jusqu’en 2029 passera d’ici la prochaine présidentielle de juin 2023 et si les Turcs, de plus en plus pauvres et vivant de plus en plus mal depuis les deux décennies de règne d’Erdogan le laisseront continuer sa mainmise sur leur pays.

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