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vendredi 12 août 2022

Inertie

Les cent premiers jours d’un mandat présidentiel sont toujours scrutés à la loupe et les politiques au pouvoir tentent alors de faire un maximum d’annonces de lois et de réformes pour montrer leur volonté de changer, en mieux, le quotidien de leurs concitoyens. Mais en France, c’est aujourd’hui difficilement faisable alors que le président Emmanuel Macron a été incapable d’obtenir une majorité parlementaire lui permettant de gouverner correctement. Sans surprise, le manque d’actions du gouvernement a tout de même été vertement critiqué par l’opposition. Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement National (RN) à l’Assemblée Nationale, a dénoncé une «inertie totale du pouvoir». Le Pen juge qu’il ne s’est «quasiment rien passé» au cours des 100 premiers jours du second mandat d’Emmanuel Macron. «On dit que c’est dans les 100 premiers jours qu’on impulse, en quelque sorte, un mandat. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on n’a senti absolument aucune impulsion dans ces 100 premiers jours d’Emmanuel Macron. Il ne s’est quasiment rien passé», a-t-elle livré au cours d’une conférence de presse de bilan de la séquence parlementaire. Et d’ajouter : «La seule chose qui s’est déroulée, c’est ce projet de loi sur le pouvoir d’achat, qui était une obligation. Emmanuel Macron ne pouvait pas faire autrement. Et on voit bien qu’il est très en deçà des besoins de nos compatriotes». «Pour le reste, rien. Rien, zéro, la bulle. Rien n’a été impulsé par Emmanuel Macron en 100 jours. C’en est presque étonnant, presque déroutant, cette inertie totale du pouvoir». Marine Le Pen a, par ailleurs, profité de l’occasion pour exprimer sa joie en voyant que «l’Assemblée nationale a repris du pouvoir». «C’est clair, c’est évident, c’est ici que les choses se passent. Ça fait bien longtemps qu’il ne se passait plus grand-chose à l’Assemblée Nationale du fait des majorités pléthoriques qui se sont succédé. Il se passe enfin quelque chose, le débat, c’est ici qu’il se déroule, les décisions, c’est ici qu’elles sont arrachées, le combat politique, c’est ici qu’il se mène». La présidente du groupe RN a également ajouté qu’elle était «extrêmement fière» des débuts de ses députés. Pour rappel, le Rassemblement National forme, avec 89 députés, le groupe parlementaire le plus important de l’histoire du parti. Pour ce qui est de la droite, «le ralliement de l’essentiel des députés LR à la majorité est aujourd’hui évident. Le vote d’un budget, même rectificatif, signe l’appartenance à une majorité. Le faux compromis entre Emmanuel Macron et l’état-major de LR ne trompe personne : la droite n’a rien obtenu d’autre que d’éviter une crise sur le budget, et donc une dissolution». Il est vrai qu’après la défaite du président lors des législatives l’on a pu ressentir un découragement venant de l’Élysée, ce qui pourrait expliquer l’inertie du gouvernement qui, sachant qu’il aura du mal à faire passer la moindre loi ou réforme sans avoir à se battre férocement à l’Assemblée, semble préférer rester dans le consensus mou.

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