22.9 C
Alger
mardi 9 août 2022

Incendies : si crime il y a, il est politique

Notre pays, comme nombre de nos voisins méditerranéens, est habitué aux incendies survenant en plein été, qui pour imprévisibles qu’ils soient individuellement n’en sont pas moins dans leur ensemble d’une périodicité inexorable. Ils sont fatalement au rendez-vous chaque année, à la même période, dans les wilayas les plus boisées du pays, au centre et à l’est. Ils sont provoqués par les mêmes causes, naturelles mais aussi humaines. Ceux qui sont en cours ont fait déjà des dizaines de morts, dont plusieurs militaires venus à la rescousse. L’un de ces décès est consécutif à un lynchage qui fera date. C’est celui d’un jeune homme ayant fait le voyage pour apporter assistance à la région la plus touchée, mais dans lequel les habitants d’une localité kabyle avaient vu, à ce qu’il semble à tort, un pyromane. Le supplicié Djamel Bensmaïl ne méritait pas cette fin quand il aurait été coupable de façon certaine. L’enquête déterminera ce qu’il en a été réellement. S’il est innocent, comme tout tend à le démontrer, il faudra chercher les vrais pyromanes parmi ses bourreaux. Eux seuls auraient eu en effet intérêt à détourner loin d’eux les soupçons en désignant à des habitants martyrisés, soit par le sort soit par le crime, un coupable dont le seul tort serait alors d’être venu de l’extérieur. Le bel élan de solidarité qui a soulevé tout le pays a été comme éclipsé par cette horreur. Les autorités ont été unanimes pour dire que nombre de ces incendies avaient été provoqués.

Mais que néanmoins tous ne l’avaient pas été. Il n’est possible de distinguer les premiers des seconds que par des preuves matérielles. Prenons garde à n’accuser personne sur de simples soupçons. Souvent des gens ont les apparences contre eux qui pourtant se révèlent par la suite innocents. Mais s’il y a des coupables, alors leurs motivations sont politiques. Ou alors il faudrait imaginer que des pyromanes authentiques, des pyromanes au sens psychiatrique du terme, se soient donné le mot pour entrer en même temps en action à travers les 17 wilayas ravagées par les incendies, leurs œuvres. Les pyromanes, les vrais, ceux dont la seule satisfaction est dans la vue de l’incendie causé par eux, sont des asociaux, répugnant par nature à toute forme de coopération avec autrui. En l’occurrence, donc, si la préméditation est prouvée, ce qui semble être le cas justement, ses motifs sont nécessairement politiques. Les auteurs seraient dans ce cas soit le MAK, soit Rachad, soit les deux en même temps. Autrement dit : ou bien des séparatistes ou bien des islamistes radicaux, ou bien les deux à la fois, toutefois chacun agissant séparément, car on les imagine mal agir de concert. Mais si leur implication était établie, la question de la demande d’extradition de leurs chefs serait posée. Reste que s’il est concevable que des islamistes radicaux provoquent des incendies en Kabylie, dans le but entre autres de les faire attribuer au MAK, on a du mal à prêter la même intention à ce dernier, la région la plus touchée par ces incendies étant justement la Kabylie. Ce serait de son propre point de vue mettre le feu dans sa zone d’influence, là où se concentrent ses cellules, ses militants et sympathisants. Logiquement, il ne devrait être pour rien en l’espèce. Sauf que le séparatisme kabyle, c’est déjà en soi une forme de folie. Une passion politique dépourvue de tout fondement peut être amenée à faire dans le crime. Ferhat Mehenni se comporte depuis longtemps déjà comme un aguellid à qui toute la Kabylie doit obéissance. Voilà déjà une pure folie.

Article récent

--Pub--spot_img

Articles de la catégorie

- Advertisement -spot_img