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vendredi 19 août 2022

Impasse

Il n’est plus inhabituel de voir aujourd’hui des personnalités politiques, qui ont joui de responsabilités au plus haut de l’État français, expliquer dans les médias quelles seraient les mesures que les dirigeants en fonction devraient prendre pour le bien du pays. Pourtant, ces personnalités politiques auraient elles-mêmes dû s’atteler à la tâche lorsqu’elles avaient le pouvoir. C’est le cas de Manuel Valls qui fut ministre de l’Intérieur puis Premier ministre durant le mandat de François Hollande et qui parcourt les plateaux télés et les studios de radio pour étaler ses analyses et ses solutions afin de résoudre les problèmes qui gangrènent la France. Il se montre aussi très critique vis-à-vis de sa famille politique pour laquelle il n’a pas de mots assez durs. L’ex-Chef du gouvernement socialiste estime, en effet, que la «crise» que traverse actuellement la gauche résulte du fait qu’il y a des «gauches irréconciliables». La gauche serait désormais «dans une impasse politique historique», estime Manuel Valls. Il déplore la situation actuelle de délabrement à gauche de l’échiquier politique. Bien qu’Anne Hidalgo et Arnaud Montebourg aient appelé au rassemblement par le biais d’une primaire rassemblant plusieurs prétendants de gauche, le candidat écologiste Yannick Jadot et l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon ont formellement refusé cette possibilité. Pour Manuel Valls, les propositions des candidats de gauche sont «tellement éloignées les unes des autres», que «l’union est factice et impossible». Même l’éventuelle candidature de Christiane Taubira, qui souhaite désormais rassembler derrière elle, serait, selon Manuel Valls, une manœuvre supplémentaire et inutile. Elle ne fait que «rajouter à la confusion», en rejoignant toutes ces tentatives «vouées à une forme d’échec», qui apparaissent parfois même comme «ridicules». Manuel Valls estime, par ailleurs, que la gauche «s’est fourvoyée sur la question identitaire», car «elle a pensé que cette question était taboue, qu’il ne fallait pas la traiter», et n’aurait donc pas compris que «la question de l’islam, de l’islamisme dans nos quartiers, était une question tout à fait fondamentale». La gauche aurait également échoué, selon lui, à se saisir de la question de «l’inégale répartition des richesses». Pour Manuel Valls, «elle a perdu toute crédibilité […] à la fois sur les questions sociales et sur les questions identitaires». Pourtant, lorsqu’il était au gouvernement, il a manqué, même s’il est vrai qu’il tenait souvent un discours différent de celui de ses collègues, à faire appliquer les préceptes qu’il évoque aujourd’hui, alors qu’il a été Premier ministre durant plus de deux et demi. Mais son discours reste assez inaudible à gauche. Il avait d’ailleurs largement perdu lors des élections primaires de 2017, démontrant qu’à gauche son discours ne prend pas. Reste à voir, toutefois, si son discours sera entendu par sa famille politique ou si, comme il est probable, les candidats de gauche continuent sur leur voie qui les mènera vraisemblablement à une élimination dès le premier tour des élections présidentielles de 2022.

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