24.9 C
Alger
mercredi 17 août 2022

Immigration illégale : Les réseaux de passeurs se consolident

Ce qui semble être une banalité devient un phénomène dangereux pour la société. L’immigration clandestine d’algériens vers l’Europe reste une énigme quasi impossible à dénouer. Une problématique qui est masquée car les chiffres de ceux qui s’en vont demeurent inconnus, sinon occultés. Et si l’on ignore les chiffres des candidats au départ et à l’arrivée on ne saura jamais celui des disparus. Un dilemme qui désarticule toutes les politiques du développement social. On a comme l’impression que ce fléau est un tabou et en l’absence d’une volonté de lutter efficacement contre les mécanismes de la «harga», on perdra sur toute la ligne. Aujourd’hui, la priorité c’est de mener une lutte stratégique contre l’intensification des réseaux de passeurs. Ces derniers naissent ailleurs et se confortent sur nos côtes. A chaque fois que les conditions météorologiques le permettent, des avalanches de sans-papiers débarquent sur les côtes sud et sud-est de la péninsule ibérique. Ce week-end, pas moins de 100 immigrés clandestins furent interceptés par la marine espagnole, provenant des rives ouest algériennes, rapporte le quotidien «La verdad». Le constat est que les moyens et les méthodes de regagner l’autre rive ont été améliorés, voire réorganisés. Cette réorganisation témoigne de la consolidation des réseaux sur le plan financier et logistique. Des réseaux qui planifient les traversées depuis le continent européen, comptant sur les ramifications locales qui elles-mêmes obéissent à une stratégie rigoureusement accomplie. Sur le terrain, ces organisations qui paraissent bien établies font main basse sur la logistique de l’immigration clandestine. Afin de se préserver «le marché» des voyages clandestins, ils luttent armes à la main pour empêcher toute tentative de traversée qui ne rentre pas dans les programmes du réseau. Les derniers incidents survenus sur les côtes Ouest du pays sont un échantillon qui ne dit pas son nom. Les organisations de passeurs sont si bien structurées qu’elles recrutent des femmes pour le «marketing», des hommes pour d’autres tâches, surtout l’accueil, l’encaissement, l’hébergement d’avant la date de départ, et tous les préparatifs de l’embarquement des candidats. Les tarifs des traversées subissent aussi une inflation car le voyage est devenu rapide, c’est-à -dire qu’en à peine tois heures on atteint l’autre rive de la Méditerranée. L’autre raison des gros tarifs c’est la sécurité qu’offrent les embarcations ‘»semi-rigides» à double moteur hors bord très puissants . Une organisation assez huilée par des moyens logistiques considérables. Aujourd’hui, les réseaux ont accaparés l’ensemble des plateformes de la «harga» de Ghazaouet à Ténès. Ceci veut dire que ces «opérators» de la mort deviennent aussi puissants que ceux du narcotrafic, pour dire aussi qu’entre les deux l’alliance est parfaite.

Mostaganem /A défaut de télésurveillance, les chiffonniers sapent la ville
A Mostaganem, l’intensification du pillage du mobilier urbain inquiète autant les citoyens que les autorités locales. Des pratiques préjudiciables car le phénomène affecte le cadre de vie des citoyens. Ces derniers temps, ce fléau ne se cache guère. Démunis, les citoyens constatent au quotidien les dégâts. Suite à cela, ils s’expriment intensément sur les réseaux sociaux, dénonçant l’impunité des auteurs de ce pillage croissant. Pendant que tous s’occupent à admirer l’affluence des estivants à Mostaganem et que les services de police et de gendarmerie s’attellent à leur garantir la sécurité, les chiffonniers sapent la ville, la dépouillant de son mobilier urbain. Des énergumènes venus d’une autre planète tentent de s’enrichir en volant des vannes et couvercles d’avaloirs en fonte, dédommageant ainsi tout le réseau. Leurs techniques sont rodées. Avec des camionnettes et à partir de l’arrière, ils soulèvent la vanne ou l’avaloir à l’aide d’un crochet. Une technique qui a toujours réussi. Ce phénomène prend une ampleur démesurée dans le vol tout public, tout ce qui est vendable. Les voleurs qui activent la nuit trouvent une facilité déconcertante à arracher, démonter, charger des métaux de tous genres. Des voleurs qui se spécialisent dans la dépravation de ce qui est utile aux citoyens… le mobilier urbain. Les chiffonniers à Mostaganem dans leur majorité sont des pillards qui ont pris goût au vol de plaques de signalisation, poteaux électriques, haies en métal, portes de mosquées en fer, avaloirs, grilles, vannes, couvercles de regards, panneaux d’abribus, caches de compteurs, bancs publics en fonte, bacs à ordures, supports de toboggan, rails de chemin de fer, etc. Ils ne lâchent rien. Les conséquences de ces pillages sont très préjudiciables. Le pire est que cette situation est connue pour engendrer des risques aux utilisateurs du mobilier urbain dont les pertes sont inestimables. Aujourd’hui, ce constat aussi amer qu’il soit doit cesser. Si on ne prend pas les mesures qu’il faut, cela peut se convertir en actes de dégradation généralisée. Et les conséquences sont néfastes. A défaut d’organisation du métier de chifonnier par manque d’identification des acteurs du secteur, a défaut d’organisation de la filière «ferraille», la saignée continuera bel et bien. Un commerce clandestin, des chifonniers non identifiés, des véhicules de ramassage de déchets prolifèrent car en face il y a impunité. Aujourd’hui, on doit vraiment s’inquiéter afin de mettre un terme à ces pratiques ignobles. Les moyens de lutte contre ce fléau doivent être mis en place et dans l’immédiat. En ce sens, la télésurveillance pourrait dissuader les pilleurs.
Lotfi Abdelmadjid

Article récent

--Pub--spot_img

Articles de la catégorie

- Advertisement -spot_img