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samedi 10 décembre 2022

Ils tirent la sonnette sur la pénurie de médicaments: Deuxième dimanche de grève blanche des pharmaciens

Le Syndicat national des pharmaciens d’officines (Snapo) reconduit, aujourd’hui, la grève blanche lancée il y a une semaine, dont le principe est de boycotter les commandes auprès des fournisseurs. Le syndicat veut, à travers ce mouvement, lancer encore une fois un appel fort aux autorités concernées pour les amener à se pencher de manière sérieuse sur le problème de pénurie du médicament.
Les pharmaciens d’officines tirent, une nouvelle fois, la sonnette d’alarme et alertent sur la pénurie de médicaments. Dans un communiqué rendu public hier, le syndicat indique que «cette fois-ci, le mouvement est national et tous les Bureaux des wilayas sont appelés à y participer». «En raison de la situation qui caractérise le marché du médicament et l’enregistrement de nombreux médicaments en situation de rupture depuis plusieurs mois, le syndicat reconduit sa grève blanche», lit-on dans un communiqué rendu public hier. Le principe de cette grève blanche s’exprime par un boycott des commandes, explique le Snapo. Aucun pharmacien ne passera de commande auprès de ses fournisseurs. «C’est un mouvement qui tient à exprimer la colère des pharmaciens et leur désarroi, en raison de leur quotidien professionnel très difficile et des problèmes rencontrés en matière d’approvisionnement de leurs officines», précise-t-on. Selon le syndicat, la mission principale du pharmacien est d’assurer l’accessibilité du médicament aux citoyens. «Cette mission est compromise à cause de l’indisponibilité, depuis plusieurs mois, de dizaines et de dizaines de médicaments. La liste des médicaments en rupture dépasse largement les 335 médicaments déjà recensés», fera remarquer le Snapo. Malgré tous les rapports et correspondances établis par le Snapo, la situation reste inchangée. «Bien au contraire, nous enregistrons chaque jour d’autres médicaments qui disparaissent du marché et de nos étalages», regrette le syndicat, qui rappelle qu’il  a eu recours à ce genre de mouvement de protestation pour ne pas pénaliser les malades, précisant qu’«arrêter de commander un jour par semaine ne risque pas d’avoir des conséquences négatives sur l’accessibilité des citoyens aux médicaments, car nos officines vont pouvoir continuer à fonctionner avec leurs stocks disponibles». Le syndicat veut, à travers ce mouvement, lancer encore une fois un signal fort aux autorités concernées pour les amener à se pencher de manière sérieuse sur ce problème qui touche à un secteur stratégique, celui du médicament. La régularité de la disponibilité des médicaments n’est pas garantie, et c’est une question de sécurité sanitaire, estime le syndicat qui précise que l’accès équitable de tous les pharmaciens au médicament n’est pas garanti non plus. Pour le Snapo, les ruptures, réelles ou provoquées, entraînent des pratiques inadmissibles sur le marché du médicament, dont les pharmaciens sont victimes, ce qui complique davantage la situation. «L’éthique et la déontologie doivent sévir au sein du secteur de la distribution, et être imposées à tous les niveaux du secteur du médicament. L’élaboration des textes doit aussi faire l’objet d’une véritable concertation ouverte à tous les acteurs concernés par le médicament. Les difficultés rencontrées aujourd’hui sont le fruit et les conséquences des décisions prises de manière unilatérale et en dehors de toute concertation», conclut-on.

Louisa Ait Ramdane

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