23.9 C
Alger
vendredi 1 juillet 2022

Il sera le moteur du continent africain: L’axe Alger-Abuja-Pretoria redynamisé

 L’axe Alger-Abuja-Pretoria recèle une importance stratégique pour le continent africain dont il sera le «moteur », a estimé jeudi le Directeur général de l’Institut national des études de stratégie globale (INESG), Abdelaziz Medjahed.

Cet axe, formé par « les plus grands et les plus influents pays du continent africain », doit être consolidé par les trois pays (Algérie, Nigéria, Afrique du Sud), car il constituera « le moteur de l’Afrique », a-t-il précisé lors d’une conférence sur « la migration des compétences et la fuite des cerveaux ». « Nous faisons partie des plus grands pays de ce continent, les plus influents et à nous de consolider cet axe et c’est cet axe là qui sera le moteur dynamique de notre continent », a-t-il dit, lors de cette rencontre organisée par l’Institut à l’occasion de la visite d’une délégation de stagiaires de l’Institut de commandement et d’état major du Nigeria. Rappelant la « place importante » de l’Algérie sur le plan géostratégique, au vu de sa « position géographique, de ses positions, ses principes et ses orientations, qui n’ont pas changé depuis l’ère de Massinissa qui avait clamé, il y a de cela 22 siècles, l’Afrique aux Africains », il a mis l’accent sur l’importance de « l’unité des Africains » pour constituer un bloc et une force active et influente dans le monde. Pour ce qui est du thème de la conférence, il a expliqué que le but de l’organisation de cet événement était « de cerner l’ensemble des aspects du phénomène de la fuite des cerveaux et des compétences pour choisir les meilleures solutions et éviter de retomber dans les erreurs commises par le passé ». Il a mis l’accent sur le fait que la fuite des cerveaux est un phénomène « mondial », et comme la mobilité des produits, des finances et des services, il existe aussi une mobilité des cerveaux et des compétences, a-t-il estimé. Evoquant des exemples réussis de certains pays comme le Rwanda, ou la Chine, il a notamment cité l’exemple de Cuba qui a réussi à exploiter au mieux ses compétences, en appelant à « évaluer les expériences d’autrui, mais tout en comptant sur soi », ce qui est, selon lui, « essentiel ». De son coté, l’expert en relations internationales et politologue, Mhand Berkouk, a abordé dans sa communication l’apport de l’Algérie et du Nigeria dans l' »édification d’une architecture de la paix et de la sécurité en Afrique », ainsi que les bénéfices de la construction d’un partenariat « durable et stratégique » au profit des deux pays et de l’Union africaine. Pour sa part, le spécialiste des questions géopolitiques et migratoires, Hassen Kacimi, a proposé de rendre les pays du Sud de la méditerranée plus attractifs et plus compétitifs sur le plan économique, en améliorant le climat des affaires et en instaurant des dispositifs incitatifs pour encourager les élites africaines à retourner dans leurs pays d’origine. Le conférencier a, également, préconisé l’amélioration des conditions de vie des compétences locales et même celles des membres de leurs familles. Il a plaidé, en outre, pour la revalorisation des cadres et des compétences, citant l’exemple de l’Algérie qui a encouragé sa diaspora à s’organiser tout en mettant en place des « passerelles » entre les pays d’origine de ces compétences et leurs pays d’accueil. M. Kacimi, n’a pas manqué d’évoquer les projets « d’envergure et intégrateurs » à même de renforcer l’axe stratégique entre l’Algérie et le Nigeria, notamment le projet de la Transaharienne, du gazoduc transsaharien (Trans-Saharan Gas-Pipeline, TSGP), devant relier le marché européen aux champs gaziers du Nigeria via l’Algérie et le Niger, mais aussi le grand port de Hamdania (Cherchell) qui permettra un gain de temps et d’argent pour les échanges commerciaux entre l’Europe et l’Afrique. De son coté, le sociologue, Hocine Labdelaoui, a relevé la nécessité de mettre des dispositifs et des réseaux diasporiques « adaptés aux pays d’origine » afin d’en garantir la réussite et surtout « la durabilité », en plus d’établir des données sur les effets générés par ces réseaux pour en mesurer l’impact sur le retour des compétences vers leurs pays d’origine. Pour le directeur de recherche du CREAD et spécialiste des questions migratoires, Mohamed Saib Musette, il est important pour les pays africains d' »établir leurs propres indices » qui leur permettent d’avoir des données « plus fiables » sur l’apport des compétences de la diaspora dans leurs pays d’origine et même dans leurs pays d’accueil.

Meriem Benchaouia

Article récent

--Pub--spot_img

Articles de la catégorie

- Advertisement -spot_img