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dimanche 14 août 2022

Il est décédé vendredi à l’âge de 93 ans: Yacef Saâdi, l’un des architectes de la Bataille d’Alger

Le moudjahid Yacef Saâdi, décédé vendredi à Alger à l’âge de 93 ans, est considéré comme l’un des architectes de la Bataille d’Alger, ayant combattu l’armée coloniale avec «une volonté de fer, courage et abnégation» jusqu’au recouvrement de l’indépendance. Issue d’une famille originaire d’Azzefoun (Tizi Ouzou), Yacef Saâdi (né le 20 janvier 1928 à la Casbah d’Alger) a grandi dans ce quartier où il obtient un certificat d’étude primaire. Mais son parcours scolaire se heurte aux soldats de l’alliance américaine et britannique, qui s’installent dans son école pendant la Seconde Guerre mondiale. Après la réquisition de son école, il arrête ses études à l’âge de 14 ans pour travailler dans la boulangerie familiale avec son père, qui était un point de contact important entre les militants du Parti populaire algérien (PPA), qu’il rejoint à un très jeune âge. Yacef Saâdi a, ainsi, participé aux manifestations organisées début mai 1945, ayant précédé les manifestations historiques du 8 mai 1945. Il rejoint, de 1947 à 1949, l’Organisation spéciale (OS), l’aile paramilitaire du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) où il était considéré comme l’un de ses combattants les plus en vue de la région d’Alger. Suite au démantèlement de l’OS, il immigre pour la France, où il réside jusqu’en 1952, puis retourne en Algérie. Il reprend son activité militante en liant des contacts avec les cellules des militants de la Casbah en vue de la lutte armée. En 1954, date du déclenchement de la Révolution algérienne, Yacef Saâdi, accompagné des dirigeants du Front de libération nationale (FLN), tels que Rabah Bitat et Souidani Boudjemaâ, a été chargé de constituer un groupe de commando prêt à entrer en action. Il a abrité dans sa maison de la Casbah des révolutionnaires et militants, ainsi que des dirigeants de la Révolution à l’image de Krim Belkacem et Abane Ramdane. Yacef Saâddi est envoyé, en 1955 en Suisse pour prendre contact avec la délégation «extérieure». Après son retour, il est arrêté, puis emprisonné en Algérie pendant quatre mois, pour être libéré par la suite. Après la division de la capitale en trois zones, Yacef Saâdi a été désigné responsable de l’aile militaire de la zone militaire autonome, qui comprenait les quartiers de Châteauneuf, El Biar, la Casbah, le quartier européen et l’est du Champ de Manœuvre (Place du 1er Mai). Les groupes formés par Yacef Saâdi ont connu un grand succès tant au niveau d’Alger qu’à l’échelle nationale du fait de sa connaissance de larégion et de la maîtrise de l’action militante et révolutionnaire. Suite aux succès de Yacef Saâdi sur le terrain, les dirigeants de la Révolution ont décidé de focaliser la lutte au centre d’Alger, où se trouvent la presse internationale et les autorités coloniales officielles, à travers l’intensification des opérations de fidayia, appelées la «Bataille d’Alger». Le moudjahid Yacef Saâdi a été ainsi nommé commandant de la Zone autonome d’Alger en 1957. Il a contribué en compagnie de Hassiba Benbouali, Ali La Pointe et autres feddayin à l’intensification de l’action de «guérilla» dans la capitale en plaçant des bombes explosives dans les centres de rassemblement de l’armée française, au niveau des commissariats et bars. Yacef Saâdi a poursuivi sa mission de cibler notamment les sièges du commandement de l’armée coloniale française, continuant ainsi sa lutte armée jusqu’à son arrestation par la Division des parachutistes, le 23 septembre 1957, subissant les pires sévices et tortures. Condamné à mort, la peine n’a pas été exécutée. Yacef Saâdi a été libéré après le cessez-le-feu. Après l’indépendance, il a été président de l’Entreprise des films la Casbah qui a produit le célèbre film historique La Bataille d’Alger, qui a remporté le Lion d’Or à Venise et dans lequel il a participé en tant qu’acteur, jouant son propre rôle. Ecrivain, il a produit un ouvrage sur son parcours militant lors de la «Bataille d’Alger» en 1982. En 2001, il a été nommé membre du Conseil de la nation, au sein du tiers présidentiel.

M.S.

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