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mercredi 5 octobre 2022

Il appelle à revoir notre système de santé: Pr Nibouche : «Le privé doit s’occuper des prises en charge de très haut niveau»

Le Professeur Djamel-Eddine Nibouche regrette la situation anarchique dans la gestion des structures de santé privées en Algérie.

Par Louisa A. R.

Le système national de santé ne cesse de faire parler de lui. Le Professeur Nibouche revient sur le rôle du secteur public et privé dans ce système. Selon lui, les rôles ne sont pas définis. «En Algérie, le rôle de la médecine privée est dérisoire. L’Algérie a opté depuis très longtemps pour une médecine sociale où il y a une égalité de soins, et le privé ne doit pas étouffer le public, sinon on détruira notre médecine sociale», a indiqué le Professeur. Le privé, selon lui, doit investir dans la prise en charge des maladies qui nécessitent un très haut niveau. «Il y a des maladies qui nécessitent des prises en charge de très haut niveau. C’est le privé qui doit s’en occuper», a indiqué le Professeur Djamel-Eddine Nibouche sur les ondes de la Radio nationale. Lors de son passage à l’émission «Invité de la rédaction», de la Chaîne 3, le chef de service de cardiologie à l’hôpital Nafissa-Hamoud d’Alger (ex-Parnet) a déclaré que l’Algérie n’a pas les moyens actuellement de pouvoir assurer une médecine de qualité, notamment les soins de haut niveau. «C’est pour cette raison, d’ailleurs, qu’il y a des prises en charge qui sont délivrées pour des soins à l’étranger qui n’existent pas en Algérie puisqu’ils sont de haut niveau», a-t-il expliqué. Pour le spécialiste, «c’est quand même une préoccupation majeure qui doit être prise en charge».
Il a tenu à saluer, dans ce contexte, l’initiative de créer un hôpital de haut niveau algéro- qatari, «dont la gestion doit être rigoureuse», a-t-il suggéré. Ainsi, pour ce spécialiste, il faut penser, évidemment, à la gestion de ces hôpitaux avec un encadrement algérien et étranger. «On a bien compris maintenant qu’il nous faut une médecine de haut niveau. Il n’est pas question
d’avoir une médecine privée dérisoire», a-t-il ajouté.
Selon le chef de service de cardiologie au CHU de Hussein Dey, le privé doit s’occuper des maladies nécessitant une prise en charge de haut niveau, à condition d’être encadrée et bien réglementée par les pouvoirs publics, afin d’éviter tout dépassement préjudiciable à notre système de santé. «Il ne faut pas tomber dans le piège et répéter les erreurs du passé», a-t-il insisté. «Il est certain que toute action doit être réfléchie, contrôlée et évaluée. Si on ne fait pas tout cela, nous irons vers l’échec cuisant», a prévenu l’invité de la Chaîne 3.
Professeur Nibouche a évoqué également la question du financement des soins chez le privé.
La réalité, malheureusement, est que les soins chez le privé sont très mal organisés, notamment en ce qui concerne le financement. Qui doit financer ces soins ? Est-ce le citoyen ou l’assurance ?, s’est-il interrogé. «Donc nous devons revoir ce problème d’assurance et le moderniser pour que le citoyen algérien puisse avoir accès à tous les soins, notamment ceux de haut niveau», a-t-il dit.
Pour y parvenir, le Professeur Djamel-Eddine Nibouche a proposé la création de caisses complémentaires qui vont s’occuper de tout ce qui est assurance complémentaire. «Si vous avez, par exemple, 80 % de prise en charge par la CNAS, les mutuelles peuvent couvrir les
20 % qui restent. Chose qui n’existe pas encore en Algérie sauf pour certaines catégories», a-t-il conclu.

L. A.R.

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