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vendredi 17 septembre 2021

Il a évoqué plusieurs facteurs : Un agronome explique les raisons de la flambée des prix

Les prix des produits alimentaires de large consommation flambent sans que les pouvoirs publics ne réagissent pour stopper ce phénomène aggravé par la spéculation. En conséquence, le pouvoir d’achat s’effondre de plus en plus et cela devient presque insoutenable pour les petites bourses.
Du blé en passant par le maïs, les prix des produits alimentaires connaissent une hausse exponentielle depuis le début de l’année 2021, au plus haut depuis 2011, indique Ali Daoudi. L’enseignant et chercheur à
l’Ecole d’agronomie d’Alger a estimé, lors de son passage à la Radio nationale Chaîne 3, que la hausse des prix des produits sur le marché national est due à «l’augmentation de la demande suite à la reprise économique mondiale, stagné» depuis le début de la crise sanitaire, notamment en Chine, en Europe et aux USA».
Comme deuxième facteur de cette hausse, l’expert a évoqué l’inflation et l’augmentation des prix de l’énergie, qui est un élément de production très important. Il y a également les «conditions climatiques exceptionnelles connues sur la majorité des continents qui ont causé une flambée des prix des céréales», a-t-il ajouté. Il a expliqué que le blé, par exemple, pénalisé par les fortes sécheresses, a vu ses volumes récoltés chuter, ce qui a provoqué une augmentation des prix. «Le prix de la tonne a atteint le cours de 250 dollars durant les neuf premier mois de 2021, soit une hausse de 35 % par rapport à l’année précédente», a-t-il argumenté.
Cette situation se répercutera sur le coup de revient des produits alimentaires sur le marché national, a-t-il dit. C’est ce qui explique d’ailleurs, a-t-il soutenu, la flambée des prix des produits qui sont issus de la transformation de la matière première importée. «L’augmentation des prix à l’achat des produits agricoles sur le marché mondial a un une incidence direct sur le marché national», a-t-il indiqué, précisant que «forcément, les producteurs nationaux qui transforment les céréales par exemple, augmentent à leur tour les prix, ce qui impacte systématiquement les consommateurs».
Pire encore, les produits agricoles frais, produits localement, ne seront pas épargnés par ces augmentations.
Pour l’intervenant, l’autre mécanisme qui impacte le marché national, c’est l’importation des intrants agricoles. «L’impact de la tendance haussière des prix des intrants de la matière première sur le marché mondial va impacter aussi la production locale», a-t-il expliqué. Au final, on va avoir donc une augmentation des coûts de production des biens alimentaires transformés par l’industrie agroalimentaire et des produits agricoles produits par le secteur agricole, a-t-il ajouté. Mais il a souligné aussi l’effet de la dévaluation du dinar algérien, qui a perdu 5 % de sa valeur en une année (septembre 2020 et septembre 2021). L’invité de la rédaction de la Chaîne 3 a souligné aussi l’augmentation des coûts des transports, notamment sous l’effet de la hausse des prix du carburant.
Louisa Ait Ramdane

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