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vendredi 19 août 2022

Histoire de Mostaganem: Une mosaïque de populations pour marquer la mémoire

L’adage populaire que nous tenons de nos aïeux dit qu’effectivement Mostaganem est une ville qui a toujours su intégrer toutes sortes de tribus venues d’ailleurs. Elle tire la seule protection occulte de ses 40 «chachias». Les 40 marabouts dont parle Bentobdji dans sa quaçida. La composante humaine comprend pour l’essentiel des Medjaher, des Hachem et Ness Dahra qui ont respectivement un passé glorieux contre l’envahisseur depuis des temps immémoriaux. Pour preuve, à l’appel de l’Emir Abdelkader pour se joindre à ses troupes, les Médjaher ont répondu à la condition que la plaine de Habra leur soit préservée intégralement. Quant aux Hachem, leur glorieux passé reste méconnu. Ils ont eu des escarmouches avec les troupes ottomanes basées au fort de l’est, venues la nuit investir leurs lieux de résidence en guise de représailles pour avoir refusé de verser la dîme. Avisés sur le plan de l’attaque, les Hachem se sont donné le mot entre eux, les «Fouagas» et les «Tehatas» pour se venir en aide dans le cas où l’attaque se passe de nuit. La bataille s’est soldée par la défaite des janissaires, pourchassés jusqu’aux plages de Kharrouba. Un autre fait marquant, les troupes, à leur tête le sinistre général Pélissier qui ont procédé aux enfumages du Dahra, vinrent installer leur campement à Sayada (ex- Pelissier), plaine verdoyante, terrain de parcours des Hachem, spolié de fait. Ils ont réagi d’une façon foudroyante. L’attaque du campement eut lieu en une nuit sans lune et éventée, où pour la première fois le général Pélissier a été blessé par un coup de sabre au visage. Ce qui est certain, diront les historiens, c’est que les constances dans ce peuple algérien arabo-amazigh sont : honneur et dignité. Des principes sacro-saints tirés du Coran et de la souna. C’est dire que ce n’est pas la première fois que la ville de Mostaganem se trouve être prisée pour son opulence, la richesse de ses vergers, son plateau verdoyant et sa générosité envers les pauvres. Vers 1919, une vague d’apport humain venue de la petite Kabylie s’est implantée à Béni Ouragh. Parmi leurs descendants, il y a les Amara, les Nait Ouled Belasker, les Chérik, les Khatib, les Djelouat, les Feknous, les Bouchachi etc. Ce sont des descendants de tolbas et de oulamas de Béni-Abbès (petite Kabylie). Bien entendu, toutes les tribus des alentours, les Béni Zentis, les Béni Zaroual, les Taougritis, les Béni Chougrane, les Chorfa, les Achaacha, les Maghnis, constituent le substrat de la population mostaganémoise. Leurs crédos sont la solidarité, le partage, l’humanisme, le respect, la médiation et la justice. Il faut dire que les zaouias implantées de longue date ont concouru par leur sagesse et leur piété à véhiculer à cette culture, bien spécifique à Mostaganem, celle de l’acceptation de l’autre. Cette mosaïque de populations qui cohabitent paisiblement sur un socle de principes acquis a marqué les mémoires. Les Medjaher, les Hachem, les Ness Eddahra, les Flita, les Béni Zentis, les Beni Oueragh, les Bni Ghadou, les Chorfa, se sont unis pour défendre l’Algérie contre l’oppresseur et font aujourd’hui honneur à cette Algérie profonde.
Lotfi Abdelmadjid

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