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samedi 10 décembre 2022

Histoire/Algérie-France: Un député français propose la restitution du burnous de l’Emir Abdelkader

Lors de son intervention à l’assemblée française, dans le cadre de l’examen du Projet de loi relatif à la restitution de biens culturels à la République du Bénin et à la République du Sénégal en Commission des affaires étrangères, le député des Français établis à l’étranger, M’jid El Guerrab, a proposé la restitution du burnous de l’Emir Abdelkader, exposé à ce jour au musée des Invalides à Paris.

Par: Meriem Benchaouia

« J’ai proposé que cette politique soit élargie à d’autres œuvres, à l’instar du burnous (caftan) de l’émir Abdelkader » a écrit le député sur sa page facebook. A l’image du retour du sabre d’El Hadj Oumar Tall au Sénégal effectué lors de la visite du Premier ministre Edouard PHILIPPE en novembre 2019, cette restitution du burnous de l’Emir Abdelkader symboliserait, selon le député, « un geste d’apaisement » et de renouveau des relations entre l’Algérie et la France. « Chaque fois qu’on parle du passé colonial de la France, il y a toujours de la passion et de la crispation dues à l’instrumentalisation politicienne. Les auteurs du rapport Sarr Savoie ont estimé que 46.000 œuvres du musée du Quai-Branly relavaient d’un vice de consentement. Autrement dit, ces œuvres ont rejoint les collections françaises par des chemins inavoués, conséquence de pillage, de vols ou encore d’achats injustement attribués pour la période 1865-1960. Ces appropriations sont les conséquences du fait colonial. La situation de ces œuvres doit être réexaminée en ouvrant la porte à des restitutions aux gouvernements africains. Et de ce point de vue-là, ne faudrait-il pas avoir une réflexion sur des objets symboliques, comme pour le burnous d’Abdelkader qui se trouve au musée des Invalides, et le restituer à l’Algérie », a-t-il déclaré à l’occasion de ce débat. Une proposition qui a été accueillie favorablement, selon la rapporteuse du texte Marion Lenne : « Cette réflexion doit être menée et pourquoi pas créer du consensus derrière cette proposition, car il faut avancer main dans la main ensemble sur ces sujets-là », a-t-elle déclaré. Pour rappel, le 5 juillet dernier, l’Algérie a officiellement reçu 24 crânes de résistants algériens tombés en martyrs lors de l’invasion française des territoires algériens, qui étaient conservés depuis plus d’un siècle et demi au musée d’histoire naturelle de Paris. Le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, avait affirmé que l’Algérie ne s’arrêterait pas là, demandant à la France de reconnaitre ses crimes coloniaux.

Nouvelles révélations sur les assassinats ciblés par les services secrets français

La France, durant la Guerre d’Algérie notamment entre 1956 et 1962, a ordonné à ses services secrets d’assassiner des citoyens français « pro-FLN » (Front de Libération nationale), relève le journaliste d’investigation Jacques Forollou dans une contribution au Journal français Le Monde. « Des documents lèvent le voile sur des projets d’élimination de Français, d’Européens et de dignitaires étrangers pendant la Guerre d’Algérie », précise le journaliste, citant essentiellement le livre « Les Tueurs de la République »(Plon), de Vincent Nouzille et des extraits du fonds d’archives personnelles de Jacques Foccart, « homme de confiance du général de Gaulle, chargé de suivre les services secrets et les affaires africaines ». Le journaliste rapporte ainsi qu’ «au cœur de l’été 1958, dans le plus grand secret d’un pouvoir gaulliste tout juste revenu aux affaires grâce au putsch d’Alger du 13 mai, Jacques Foccart a coordonné, sous les ordres du général, un programme d’opérations clandestines sur fond de conflit algérien. Menaces, attentats, sabotages mais aussi des assassinats qui figurent parmi les moyens employés. Le service action du Sdece (service de documentation extérieure et de contre-espionnage, devenu DGSE) était chargé de mener ces missions. Constantin Melnik, conseiller du premier ministre chargé des affaires de renseignement de 1959 à 1962, chiffrait le nombre d’assassinats à 140 pour la seule année 1960, sans pour autant fournir de détails ».

Massacres du 17 octobre : une association française demande « la reconnaissance du crime par l’Etat »

Une association française (association républicaine des anciens combattants, des combattants pour l’amitié, la solidarité, la mémoire, l’antifascisme et la paix ARACe) a appelé au « libre accès à l’ensemble des archives relatives aux massacres du 17 octobre 1961 et la reconnaissance de ces crimes par l’Etat », peut-on lire dans son communiqué. « Il n’a pas été possible jusqu’ici de connaitre combien de personnes sont mortes dans ces massacres. C’est pourquoi l’ARAC demande le libre accès à l’ensemble des archives relatant des travaux des chercheurs et historiens français sur ces massacres. Par cette disposition l’Etat français arriverait à rompre le silence et provoquerait par la voix de son parlement, la reconnaissance des crimes du 17 octobre 1961 », est-il écrit dans le communiqué de l’Association publiée sur sa page Facebook. L’ARAC a souligné dans sa publication intitulée « 17 octobre 1961-17 octobre 2020: Obtenir la reconnaissance du crime par l’Etat », que « ce fut un événement d’une gravité exceptionnelle de la répression d’Etat, la plus violente qu’ait jamais provoquée une manifestation de rue en Europe occidentale dans l’histoire contemporaine ». Elle estime que « par cette reconnaissance officielle, la République française œuvrerait au rapprochement franco-algérien, à un traité de paix et d’amitié plus que jamais nécessaire aujourd’hui ».

M.B

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