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samedi 1 octobre 2022

Hausse des prix : fruits, légumes, pâtes et huile de table / Même les classes moyennes peinent à joindre les deux bouts

Devant l’incompréhension totale des citoyens et les explications aléatoires des responsables, les prix des différents aliments de large consommation ont fortement augmenté au niveau de la majorité des supérettes, des marchés et des grandes surfaces commerciales.

Par Thinhinene Khouchi

Les Algériens commencent vraiment à ressentir les augmentations qui ont touché différentes denrées alimentaires. En effet, au début de l’année, cela a commencé avec les prix des légumes, les fruits ainsi que les viandes. «Rien de trop grave, vu que les citoyens se sont habitués à ces augmentations au début de chaque année». Malheureusement, cela ne s’est pas arrêté là, car même les prix des pâtes sous toutes leurs formes, les légumineuses et l’huile de table ont augmenté. Ces hausses ont un impact négatif sur le pouvoir d’achat des Algériens qui se demandent déjà comment ils vont pouvoir tenir cette année. Afin de constater l’ampleur des ces augmentations, un tour dans les différents commerces et marchés suffit pour relever les prix particulièrement exorbitants. En effet, dans les différents commerces les pois chiches sont à 220 DA, les pois cassés sont à 120 DA, les haricots à 330 DA, les lentilles à 240 DA. Le kilo de couscous, à titre d’exemple, est à 150 DA contre 110 DA il y a quelques mois seulement. Le sachet de pâtes de 500 g est affiché à 65 DA et le kilo de riz dépasse actuellement les 130 DA. Du côté des légumes, la pomme de terre est proposé à plus de 80 DA, les tomates à 100 DA, les oignons à 70 DA. Les marchands de légumes proposent les carottes à 120 DA et les courgettes à plus de 140 DA. Pour ce qui est des fruits, les oranges sont proposées à 180 DA, les bananes entre 200 et 250 DA et concernant la fraise, certains la proposent à plus de 350 DA. Au vu de cette hausse, les citoyens se disent indignés par ces dépassements qui perdurent dans l’impunité totale. Pour Mahfoud, père de trois enfants, «cette hausse a esquinté notre pourvoir d’achat», ajoutant : «Je n’arrive plus à finir mon mois avec toutes ces augmentations. Cela va être la pire année pour ma famille, car même si j’ai annulé la viande rouge, les produits de la mer ainsi que les fruits, je n’arrive pas à la nourrir correctement». Pour Malika et Samir, un couple fraîchement marié,  » «même si on travaille tous les deux, on n’arrive pas à joindre les deux bouts. Avec le loyer, l’électricité, l’eau qui ont aussi augmenté, et les produits alimentaires qui ne cessent d’augmenter, on ne voit plus le bout du tunnel». Les commerçants questionnés à propos de cette hausse nous confient que «les minoteries et les grossistes sont à pointer du doigt, car ce sont eux qui augmentent les prix et on est obligés de suivre». Et d’ajouter : «Ce sont eux que les services de la direction du commerce et de la répression des fraudes doivent contrôler et sanctionner, car ce sont eux qui fixent les prix».

Explications des responsables…
À propos de la flambée du prix de la pomme de terre, le directeur général de l’Office national interprofessionnel des légumes et des viandes (Onilev), Mohamed Kharroubi, a indiqué que l’augmentation du prix de la pomme de terre, qui est passé à plus de 60 DA, a été causée par «des conditions météorologiques dans le sud». Kharroubi a déclaré que les tempêtes de sable et autres n’ont pas permis aux agriculteurs de récolter la pomme de terre. Il a assuré que «les opérations de commercialisation devraient être reconsidérées afin de contrôler les prix qui atteignaient 50 dinars sur les marchés de gros». Par ailleurs, Kharroubi a estimé que «la hausse du prix de la pomme de terre à plus de 80 dinars est injustifiée». Pour El Hadj Tahar Boulenouar, président de l’Association nationale des commerçants et artisans, il affirme que «fin 2020-début 2021, le marché algérien a connu une hausse concernant quelques produits alimentaires, dont les dérivés des pâtes et les légumes secs ainsi que les produits non alimentaires, tels que l’électroménager et les téléphones mobiles». Pour la hausse du prix de l’huile de table, le groupe Cevital a indiqué dans un communiqué que «les hausses sont dues à des facteurs extérieurs sur lesquels nous n’avons aucun contrôle». Il s’agit, explique le groupe, d’«une flambée sans précédent des prix des matières premières sur le marché mondial, qui coïncide avec une dépréciation du dinar face au dollar». «Ces facteurs, ajoutés à l’augmentation des coûts de la logistique, du transport et du packaging, ont eu une répercussion directe sur le prix final des produits», précise encore Cevital, ajoutant que «ce phénomène ne concerne pas uniquement les huiles, mais également d’autres produits, comme les pâtes alimentaires et le lait, pour ne citer que ceux-là». Réagissant, le président de l’Apoce, Mustapha Zebdi, a indiqué, pour ce qui est de l’huile de table, avoir reçu une réponse du ministère du Commerce visant à sanctionner toute augmentation au prix de vente plafonné par l’Etat de ce produit.
T. K.

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