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samedi 25 juin 2022

Guerre en Ukraine: Moscou accuse les Etats-Unis d’entraver les «difficiles» négociations

La Russie a accusé, hier, les Etats-Unis d’entraver les «difficiles» négociations
russo-ukrainiennes, estimant que le but de Washington était de «dominer» l’ordre mondial,
y compris par le biais des sanctions.

Par Meriem Benchaouia

«Les négociations sont difficiles, la partie ukrainienne change constamment sa position. Il est difficile de se débarrasser de l’impression que nos collègues américains les tiennent par la main», a déclaré Sergueï Lavrov, ministre des affaires étrangères russe, dans un discours devant des étudiants. «Les Américains partent tout simplement du principe qu’il n’est pas profitable pour eux que ce processus se termine rapidement», a-t-il ajouté. «Beaucoup aimeraient faire en sorte que les négociations soient une impasse», a encore estimé le chef de la diplomatie russe, citant la Pologne, l’un des principaux soutiens de l’Ukraine face à Moscou. «Les pays occidentaux veulent jouer un rôle de médiateur. Nous ne sommes pas contre, mais nous avons des lignes rouges», a poursuivi M. Lavrov. Il a reproché aux Occidentaux d’«abreuver l’Ukraine en armes» par leurs livraisons, destinées selon lui à «garder le plus longtemps possible» Moscou et Kiev «en situation de combats». M. Lavrov s’est aussi dit «frappé» par l’ampleur des sanctions occidentales adoptées à l’encontre de Moscou pour son invasion de l’Ukraine commencée le 24 février. Il a estimé qu’elles étaient destinées à «supprimer la Russie en tant qu’obstacle à un monde unipolaire». «Tout ceci n’est pas à propos de l’Ukraine, mais à propos de l’ordre mondial que les Etats-Unis veulent dominer», a-t-il dit.

La Russie n’utilisera l’arme nucléaire qu’en cas de «menace existentielle»
Moscou n’utilisera l’arme nucléaire en Ukraine qu’en cas de «menace existentielle» contre la Russie, a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, sur la chaîne CNN International. «Nous avons une doctrine de sécurité intérieure, cela est public, vous pouvez y lire toutes les raisons pour l’utilisation des armes nucléaires. Et s’il s’agit d’une menace existentielle pour notre pays, alors elles peuvent être utilisées en accord avec notre doctrine», a-t-il dit. La journaliste de CNN International, Christiane Amanpour, demandait au porte-parole du Kremlin de dire s’il était «confiant» ou «convaincu» que le président russe Vladimir Poutine, dont il est très proche, n’aurait pas recours à l’arme nucléaire en Ukraine. Quelques jours après le début de la guerre, et alors que l’armée russe rencontrait une résistance inattendue de la part des forces de sécurité ukrainiennes, le président russe avait mis en alerte toutes les composantes de la force de dissuasion nucléaire, déclenchant un chœur de protestations internationales. Les craintes portent notamment sur la possible utilisation par Moscou d’armes nucléaires de petite dimension. «Nous surveillons ceci quotidiennement et du mieux que nous pouvons. Nous n’avons rien vu qui nous conduise à conclure que nous devons changer notre posture stratégique de dissuasion», a commenté le porte-parole du Pentagone, John Kirby. Selon le ministère américain de la Défense, l’armée ukrainienne, qui garde le contrôle des grands centres urbains, se trouve même ces derniers jours en position de mener quelques contre-offensives qui lui ont permis, dans le sud notamment, de reprendre du terrain sur les troupes russes.

Les Occidentaux vont annoncer de nouvelles sanctions contre la Russie
Les Occidentaux vont annoncer aujourd’hui «de nouvelles sanctions contre la Russie et renforcer celles qui existent déjà», a annoncé, mardi, le conseiller à la sécurité nationale de Joe Biden lors d’une conférence de presse. Le président américain, qui va participer aujourd’hui à Bruxelles à pas moins de trois sommets internationaux majeurs, «se joindra à nos alliés pour imposer de nouvelles sanctions à la Russie et renforcer les sanctions existantes, afin d’éviter que Moscou ne les contourne», a dit Jake Sullivan. Enchaînant un sommet de l’Otan, un sommet du G7 et un sommet de l’Union européenne, Joe Biden va «travailler avec les alliés sur des ajustements de long terme concernant la présence de l’Otan en Europe de l’Est», a poursuivi le conseiller à la sécurité nationale. Le président américain va, par ailleurs, «annoncer une action commune pour renforcer la sécurité énergétique de l’Europe et réduire sa dépendance au gaz russe», a encore dit Jake Sullivan.

La Chine contre une exclusion de la Russie du G20
La Chine s’est prononcée, hier, contre une exclusion de la Russie du prochain sommet du G20, envisagée par Washington après l’opération militaire russe en Ukraine. «La Russie est un important pays membre (du G20), aucun membre n’a le droit d’expulser un autre pays», a estimé devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin. M. B.

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