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dimanche 2 octobre 2022

Grèce: La justice refuse toute indulgence envers le parti néonazi «Aube dorée»

La cour pénale d’Athènes a rejeté hier toutes les circonstances atténuantes susceptibles d’alléger les peines de prison encourues par les dirigeants du parti néonazi «Aube dorée», reconnus coupables la semaine dernière de «direction d’organisation criminelle». Le chef d’«Aube dorée», Nikos Michaloliakos, négationniste et admirateur du national-socialisme, ainsi que six autres cadres du parti néonazi dont l’eurodéputé Ioannis Lagos, l’ancien porte-parole du parti Ilias Kassidiaris, et le député Christos Pappas, bras droit de Michaloliakos, encourent jusqu’à quinze ans de prison. Tous les sept, reconnus coupables
d’avoir dirigé une organisation criminelle, avaient demandé des circonstances atténuantes, ce que la cour pénale d’Athènes a rejeté hier matin, selon une source judiciaire. Mais l’annonce de leurs peines a été retardée, l’un des principaux accusés ayant réclamé le remplacement des trois juges de la cour pénale, selon la même source. L’eurodéputé indépendant Ioannis Lagos, ancien membre d’«Aube dorée», est entré dans le palais de justice d’Athènes hier matin et a demandé que la cour soit récusée, jugeant le verdict «partial». «La cour prononcera les peines dans quelques heures», a cependant annoncé à la presse le porte-parole du gouvernement, Stelios Petsas. Devant la cour pénale d’Athènes, quelques centaines de manifestants anti-fascistes s’étaient rassemblés hier matin, espérant le prononcé de lourdes peines de prison. «Pas de circonstances atténuantes pour les criminels nazis», pouvait-on lire sur des banderoles brandies par les manifestants, a constaté un vidéaste de l’AFP. Après cinq ans et demi d’audiences, la cour a unanimement qualifié mercredi le parti paramilitaire d’«organisation criminelle» dans un verdict qualifié d’«historique» par la présidente de la République et toute une frange de la classe politique grecque. Elle a établi la culpabilité d’«Aube dorée» dans plusieurs crimes, en particulier le meurtre en 2013 du rappeur antifasciste Pavlos Fyssas, celui du Pakistanais Sahzat Luckman, en 2013, ainsi que l’agression de pêcheurs égyptiens en 2012 et de syndicalistes communistes en 2013. Plus d’une cinquantaine de personnes, dont 18 anciens députés d’«Aube dorée», ont été reconnues coupables de crimes divers : direction d’une organisation criminelle, meurtre, agression, possession illégale d’armes… Une dizaine des 68 accusés ont été acquittés. L’annonce du verdict avait été acclamée par une foule de 20 000 manifestants rassemblés devant le palais de justice. De brèves émeutes avaient opposé des protestataires et la police qui avait interdit une manifestation hier de sympathisants d’«Aube dorée», à l’appel de Ioannis Lagos qui estime avoir été condamné par «une équipe tétanisée de petites gens répondant aux ordres et piétinant le droit dans tous les sens». «Vous ne me faites pas peur», avait-il encore tweeté la semaine dernière. Hier, son avocat Constantinos Plevris, sympathisant nazi et auteur d’un livre antisémite, a déclaré à la cour avoir l’impression d’être devant «un tribunal de la Révolution française», estimant que le verdict a été influencé par la taille de la manifestation antifasciste devant le tribunal. «Ce n’est pas un procès de l’idéologie», a encore déclaré l’avocat, fustigeant un verdict «partial». Le chef et fondateur du parti paramilitaire Nikos Michaloliakos a également rejeté sa condamnation la semaine dernière sur Twitter. «Nous avons été condamnés sur nos idées», a-t-il tweeté.

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