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mercredi 29 juin 2022

Gestion de la ressource hydrique : Une police de l’eau pour lutter contre le gaspillage

Les pouvoirs publics ne comptent pas rester indifférents face au gaspillage de l’eau. Pour économiser cette précieuse denrée qui se raréfie de plus en plus, le premier responsable du secteur évoque la création d’une «police de l’eau» et une charte pour son économie.

Par Louisa Ait Ramdane

Le ministre des Ressources en eau, Mustapha-Kamel Mihoubi, a annoncé, hier, de nouvelles mesures en matière de gestion de l’eau, qui devront être lancées prochainement. Invité de la rédaction de la Chaine 3 de la Radio nationale, le ministre a indiqué qu’une charte sera établie dans le sillage d’une politique mise en place pour circonscrire l’effet du stress hydrique dû à une pluviométrie avare ces dernières années et lutter contre le gaspillage. «Cette charte sera présentée aujourd’hui au Conseil interministériel», a-t-il précisé. Selon le ministre, cette option est inévitable pour déterminer efficacement l’usage rationnel des différentes sources d’eau par ces temps de déficit pluviométrique.
Avant cela, et avant de passer à la phase active de cette option, «il faut effectuer d’abord une campagne de sensibilisation au niveau de plusieurs secteurs autour de cette charte, pour ensuite passer à la répression par le biais d’une police de l’eau». Cette police de l’eau sera mise en place «en temps opportun», a indiqué le premier responsable du secteur hydrique et aura comme prérogative de «réprimander le gaspillage de l’eau d’où qu’il vient, tout en agissant, avec force de loi et plein pouvoir». À ce propos, il a indiqué que «la loi sur l’eau est en voie de révision et sera soumise à différents secteurs pour enrichissement avec des actions concrètes».
Ainsi, «le déficit sera plus ou moins rétabli», a ajouté encore Mustapha-Kamel Mihoubi, précisant «ne plus se contenter des eaux de surface», l’objectif est d’aller vers l’eau non conventionnelle : eau sous-terraine, l’eau de mer dessalée, le recyclage de l’eau, etc. Il a ainsi déclaré qu’un bon nombre de projets sont en cours d’étude avec pour objectif pouvoir doubler le nombre de stations de dessalement de l’eau de mer, passant de ce fait de 11 stations actuellement à 22 stations d’ici à l’horizon 2030. Mustapha-Kamel Mihoubi a également souligné que cette problématique du stress hydrique n’est pas nouvelle mais qu’elle était due au fait que la région sud de la Méditerranée et celle du Moyen-Orient étaient exposées, notamment notre pays, à un climat semi-aride. «On a un déficit qui tourne autour de 20-30 % en moyenne depuis trois ans au moins», a-t-il expliqué.
En attendant le montage progressif de ces nouvelles stations, le ministre a évoqué l’option d’extension de celles d’El Tarf, Béjaia et Alger (celle d’El Hamma) qui va passer de 200 à 240 milles à titre d’exemple. «On est en train de voir le montage financier de ces extensions», a-t-il dit, ajoutant qu’il s’agit de solutions pratiques, rapides et faciles. «Les eaux de surface seront désormais destinées exclusivement à l’agriculture», a-t-il tranché.

Les Français risquent de perdre le marché de la gestion de l’eau à Alger
Le contrat avec le partenaire français assurant la gestion déléguée de l’eau dans les villes d’Alger et Tipaza à travers la société Seaal, qui arrive à terme en août prochain, pourrait ne pas être reconduit en raison des «irrégularités» constatées dans son application.
«Le partenaire français a failli à ses engagements, notamment dans le cadre de son troisième contrat, puisqu’il n’y a pas eu d’efforts en matière de lutte contre les fuites», a déploré le ministre des Ressources en Eau, Mustapha-Kamel Mihoubi.
Le ministre a expliqué que la Seaal (Société des eaux et de l’assainissement d’Alger) n’a pas mis les moyens nécessaires pour évaluer et résorber le phénomène des fuites d’eau qui représente le «maillon faible» de cette société créée en 2006. «Il n’y a eu d’actions que récemment. C’est l’un des points qui n’ont pas été pris en charge», affirme Mihoubi.
Pour appuyer ce constat, le ministère des Ressources en eau a engagé deux audits, sur la base desquels il va trancher sur la reconduction ou pas du contrat avec le partenaire français. «Le contrat est en vigueur et les engagements doivent être respectés, nous verrons à la fin du contrat s’il sera reconduit ou pas. Mais je pense que pour le contrat III, il y a eu des irrégularités en matière de gestion. La Seaal a géré quand la ressource a été abondante mais dans le contexte actuel de déficit, il y a un effort supplémentaire à faire», a-t-il déclaré. En outre, le mode de montage actuel du contrat «ne répond pas aux exigences actuelles» et doit être revu, a ajouté le ministre.

L. A. R.

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