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Alger
jeudi 6 octobre 2022

Gare au mauvais exemple du Caire !

La semaine dernière au Caire, pendant la réunion au niveau ministériel de la Ligue arabe, et alors que c’était le tour de Najla Mangoush, la représentante libyenne, de monter à la tribune, la délégation égyptienne, emmenée par Sameh Choukri, s’est levée et a quitté ostensiblement la salle. Raison invoquée par elle après coup : Mangoush n’a pas à s’exprimer au nom de son pays vu qu’elle appartient à un gouvernement, celui dit d’union nationale que dirige par Abdelhamid Dbeibah, dont le mandat est terminé depuis des mois. A l’évidence, la délégation libyenne ne s’attendait pas à une telle avanie, à en juger du moins par les propos que sa porte-parole a tenus ensuite, par lesquels elle a voulu tout à la fois minimiser l’incident et désarmer ses auteurs, en leur reconnaissant notamment le droit d’agir comme ils l’ont fait, de peur sans doute qu’ils ne reviennent à la charge. Elle n’en a pas moins égrené son chapelet de titres établissant son droit et celui de son gouvernement à représenter la Libye à l’échelle internationale. Comme la réunion du Caire avait pour tâche essentielle de préparer le sommet d’Alger, prévu quant à lui pour début novembre prochain, après bien des reports, il faut s’attendre à ce que l’incident se reproduise, mais évidemment à un tout autre niveau, et revêtant de ce fait une portée plus grande. Si le président égyptien, à supposer que ce soit lui qui conduise la délégation de son pays à cette occasion, faisait la même chose que son ministre des Affaires étrangères, c’est-à-dire attendait que le chef du gouvernement libyen, qui ne peut être autre que Dbeibah, s’apprête à prendre la parole pour quitter la salle, ce n’est pas seulement à ce dernier que le geste déplairait, mais aussi, et probablement davantage au pays organisateur, car en effet c’est cela que l’on retiendrait du sommet. Dans ce cas, on n’aura évité une difficulté que pour être pris à revers par une autre. En effet, si le sommet d’Alger a été tant de fois reporté, c’est parce que le pays organisateur voulait qu’il soit celui de l’unité arabe au moins en partie retrouvée, en aucune façon celui de la désunion confortée. Pour Alger, le sommet est réussi sans conteste possible si la Syrie reprend son siège à cette occasion. Or cet objectif ne sera pas atteint, Damas ayant finalement estimé que les conditions n’étaient pas réunies pour ce faire, et informé Alger de son absence. Il semble bien cependant que cette décision ait été prise à titre préventif, donc à contrecœur par Damas, pour éviter que sa présence soit une cause de division accrue plutôt que de réconciliation, à l’opposé du but recherché par Alger. Or voilà qu’il faut aussi s’attendre à ce que la présence d’une délégation provoque le rejet d’une ou de plusieurs autres lors du sommet d’Alger. Au Caire dernièrement, seule la délégation égyptienne s’est retirée au moment où la représentante libyenne prenait la parole. Rien ne garantit que cela ne se répète pas à Alger, si tant est qu’il n’y ait pas d’autres participants pour vouloir faire la même chose. Tous les pays ne reconnaissant pas le gouvernement Dbeibah, mais le gouvernement rival, celui de Bashagha, seront tentés de suivre l’exemple égyptien, même si le moment venu ils n’en feront rien, et d’abord par amitié pour Alger.

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