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dimanche 2 octobre 2022

Front social: 30 syndicats en grève les 26 et 27 avril

Dénonçant la détérioration du pouvoir d’achat, trente syndicats, représentant différents secteurs de la Fonction publique, réunis sous la Confédération des syndicats algériens (CSA), ont annoncé une grève nationale les 26 et 27 avril.

Par Thinhinane Khouchi

Suite à une réunion tenue le 16 avril au siège de l’Unpef, trente syndicats représentant différents secteurs de la Fonction publique ont décidé de renouer avec la protestation. En effet, dans un communiqué partagé hier sur la page du Cnapeste et des syndicats signataires de ce communiqué, la Confédération des syndicats algériens, qui regroupe désormais 30 syndicats contre 15 la semaine passée, a dénoncé la détérioration du pouvoir d’achat et annonce une grève nationale pour les 26 et 27 avril. Une démarche qui vient exprimer «la colère des travailleurs», selon le communiqué diffusé par ces syndicats, tout en n’excluant pas la possibilité de radicaliser le mouvement. Les syndicats appellent leurs bases à se mobiliser massivement en vue d’améliorer le pouvoir
d’achat des fonctionnaires. La décision d’entrer en grève a été prise lors d’une réunion consacrée à la question du pouvoir
d’achat des travailleurs qui font face à une hausse généralisée et «incontrôlée» des prix des produits de première nécessité. Les membres de la CSA ont établi le constat d’une «dangereuse situation sociale des salariés algériens», laquelle «présage d’une explosion sociale», écrivent les syndicats dans un communiqué. Les syndicats ont pointé «l’incapacité du gouvernement à juguler la hausse des prix et à mettre fin à la dégradation des services publics». Le même constat vaut aussi pour la dévaluation du dinar algérien et l’inflation, fustigent les syndicats. Ils mettent en avant «l’inanité des dernières décisions prises par le gouvernement se traduisant par la diminution de l’IRG (impôt sur le revenu) et la révision de la grille salariale des travailleurs», en raison de l’«absence d’impact positif sur le pouvoir d’achat des travailleurs». Après ces constats, les syndicats ont fait des propositions à mettre en place de façon «urgente». À commencer par le relèvement du point indiciaire à 100 DA (contre 45 DA actuellement). Les syndicats appellent à la création d’un Observatoire national pour protéger le pouvoir d’achat et à ouvrir le dossier des régimes indemnitaires et l’actualisation des primes de zones. Par ailleurs, des syndicats sous la houlette de la Coalition nationale des syndicats de la santé (CNSS) ont exprimé leur mécontentement après la publication du nouveau décret portant grille indiciaire des salaires et décidé d’engager les concertations avec leurs bases pour décider des mesures à prendre, ce qui laisse présager qu’un durcissement de ton n’est pas exclu, cela d’autant qu’il subsiste plusieurs points d’achoppement avec la tutelle, en plus de la question de la grille indiciaire qu’ils ont citée parmi six litiges à régler. La question du relèvement des salaires étant le point focal, la CNSS considère que «les augmentations découlant de la nouvelle grille des salaires (décret 22-138 du 31 mars 2022) ne sont ni à la hauteur de ce qui avait été annoncé par les pouvoirs publics, ni de nature à répondre aux attentes des professionnels de la santé en matière de renforcement de leur pouvoir d’achat». La CNSS explique que ces augmentations sont «trop faibles pour faire face à la cherté de la vie et à l’érosion du pouvoir d’achat des travailleurs». Elle parle également de la non révision de la prime de contagion. Comme pour les autres problèmes que soulève la CNSS, il semble que c’est la concertation et le dialogue qui font défaut avec la tutelle, et ce, malgré les assurances que cette dernière leur a données, disent-ils, à l’issue de l’audience qui leur a été accordée après une journée de protestation en décembre dernier. Ils affirment déplorer que près de quatre mois après, leurs revendications n’aient pas été entendues. Alors qu’il était prévu que des clarifications du gouvernement leur soient données sur le dossier des statuts particuliers, du régime indemnitaire et du point indiciaire dans un délai d’un mois, il n’en fut rien.

T. K.

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