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mardi 27 septembre 2022

France: Démantèlement d’un important campement de migrants à Calais

Les forces de l’ordre procédaient, hier matin à Calais (nord de la France), au démantèlement d’un important campement de migrants, où vivent entre 700 et 800 personnes, selon des médias.

Par Faty F.

L’opération a débuté vers 07h00 (05h00 GMT) dans ce secteur situé autour de l’hôpital de Calais, bouclé par les policiers. Une vingtaine de migrants ont été conduits dans un bus vers 7h30, un deuxième était prêt à partir vers 08h00.
Des tentes et des véhicules de la Protection civile ont été installés à l’entrée de cette zone.
«J’ai décidé de mener cette opération avant les grands froids de l’hiver et des températures de -3 à -4 degrés», a déclaré sur place le préfet du Pas-de-Calais, Louis Le Franc.
Les services de l’Etat estiment à un millier le nombre de migrants vivant à Calais, dans l’espoir de rejoindre l’Angleterre. Les associations dénoncent, elles, régulièrement ces opération de démantèlement, après lesquelles nombre de migrants reviennent.
Jeudi, la Défenseure des droits Claire Hédon avait dénoncé les conditions de vie «dégradantes et inhumaines» des migrants à Calais.
Quelque 250 militants d’associations et migrants, majoritairement originaires de la Corne de l’Afrique, avaient également manifesté samedi à Calais pour dénoncer les conditions de vie de ces derniers et «l’interdiction» de leur distribuer des repas dans le centre-ville imposée par arrêté préfectoral depuis le 10 septembre aux associations non mandatées par l’Etat.
Les services de l’Etat justifient cette interdiction par des troubles à l’ordre public et le fait que ces distributions ne permettraient pas le bon respect des mesures de distanciation sociale. Ils soulignent que l’association La Vie active, mandatée par l’Etat, pourvoit aux besoins en eau et nourriture des migrants.

Près de Lyon, les Syriens toujours dans la crainte de leur expulsion
Depuis le 14 septembre, 250 Syriens installés dans la banlieue de Lyon se préparent à déménager à tout moment. La justice a ordonné leur expulsion, à la demande de la commune de Vaulx-en-Velin, où ils sont installés depuis un an. Ils seront prévenus la veille, et n’auront que quelques heures pour emporter ce qu’ils le peuvent. A vrai dire pas grand chose.
Leur errance a commencé depuis 2011 pour certains, au tout début de la guerre en Syrie. La plupart des enfants qui sont là n’ont connu que cela, l’errance. Leur trajet passe par le Liban, l’Algérie, le Maroc, l’Espagne… et puis le désir impérieux de rejoindre la France et son Etat providence, malgré les possibilités qu’ils ont eu de s’installer ailleurs.Soria, Nacera et leurs amies, des habitantes de la commune, viennent en aide aux réfugiés avec l’association «Les Vaudais solidaires» à laquelle elles appartiennent, elles en veulent à la mairie :
«Elle veut raser le camp pour l’inauguration de la médiathèque pour montrer le prestige de Vaulx-en-Velin mais il faut voir le chaos qui règne derrière, s’indigne Soria Boumendjel. Il y a 1 500 logements vacants sur Vaulx-en-Velin, il y a 250 personnes sur le campement, 70 familles peuvent être logées».
La mairie de Vaulx-en-Velin n’a pas souhaité commenter l’expulsion des familles syriennes.
Adel travaillait comme pâtissier à Homs en Syrie. Ses enfants ont été scolarisés à leur arrivée à Lyon, parce qu’il a eu une adresse. Ce n’est plus le cas depuis qu’il est dans le camp. «Je suis prêt à renvoyer mes enfants à l’école mais on a besoin d’un logement. Mon fils parle français, mais ses copains lui disent ‘’’tu vis dans le camp, c’est sale, il y a le coronavirus’’. Il est complexé, il ne veut plus aller à l’école tant qu’on a pas un logement, pour qu’il puisse se doucher, s’habiller proprement».
Mohamed nous explique qu’il était prothésiste dentaire à Hama. Il a fui la Syrie en 2011. «S’il y a un moyen, si la Turquie ouvre sa frontière avec la Syrie, je rentre en Syrie. Je préfère mourir là-bas qu’ici».
Les autorités n’ont pas prévu de reloger les migrants. Lors de l’expulsion, elles procéderont à un diagnostic social, les plus vulnérables auront peut-être une chance d’avoir un toit, mais ce sera marginal.
F. F.

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