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mercredi 1 février 2023

Foulard

Depuis la mi-septembre, une révolte suite au meurtre par la police des mœurs d’une jeune femme pour cause de foulard mal porté («tenue inappropriée»), a déjà fait des centaines de morts parmi les manifestants. Lassée de vivre sous le diktat de la République islamique, des millions d’Iraniens font entendre leur voix, dans les rues, sur les réseaux sociaux, ou au cours d’actions visant les autorités, pour exprimer leur ras-le-bol face au fondamentalisme qui leur ait imposé. Les figures médiatiques iraniennes sont souvent sollicitées pour soutenir le mouvement de contestation, que cela soit dans le monde des arts ou dans celui des sports. Aujourd’hui, ce sont deux joueuses
d’échecs iraniennes, Atousa Pourkashyan et Sara Khadem, qui ont pris part au Championnat du monde au Kazakhstan sans hidjab, rapporte le HuffPost. Un foulard pourtant obligatoire en vertu du code vestimentaire strict en vigueur en Iran. Des photos publiées par des médias iraniens les montrent sans voile pendant le tournoi. En conséquence, la sécurité des joueuses d’échecs inquiète. Si Atousa Pourkashyan vit aux États-Unis et ne participe pas au championnat sous les couleurs de son pays d’origine, Sara Khadem représente bien l’Iran lors de la compétition. Elle est même considérée comme la meilleure joueuse du pays et est classée 38e au niveau mondial. Il s’agit là de la dernière protestation en date des nombreuses sportives iraniennes à participer à des compétitions sans voile depuis le début des manifestations antigouvernementales dans le pays. Les femmes ont joué un rôle de premier plan en retirant leur hidjab et, dans certains cas, en brûlant leur foulard. En octobre, la grimpeuse iranienne Elnaz Rekabi avait participé à une compétition en Corée du Sud sans foulard, avant de déclarer qu’elle l’avait fait sans le vouloir. En novembre, une archère iranienne a affirmé qu’elle n’avait pas remarqué la chute de son hidjab lors d’une cérémonie de remise de prix à Téhéran, après qu’une vidéo l’a montrée en train de laisser tomber son foulard dans ce qui a également été largement considéré comme un signe de soutien aux manifestants. Plusieurs équipes sportives nationales se sont abstenues de chanter l’hymne national, notamment avant le premier match de l’Iran à la Coupe du monde de football au Qatar. Mais ces signes de soutien aux manifestants ont souvent eu des conséquences funestes, et plusieurs de ces sportifs sont aujourd’hui en prison. Reste à voir quel sort réservera le gouvernement iranien à la jeune championne d’échecs et si elle sera, comme tant de ses compatriotes, victime de la violence d’État qui se déchaîne depuis mi-septembre contre tous ceux qui tentent d’échapper à l’emprise des mollahs.

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