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dimanche 26 juin 2022

Fictifs

Lors de l’élection présidentielle de 2017 en France, un énorme scandale avait frappé la campagne, détournant vraisemblablement une partie des électeurs du candidat de droite François Fillion et permettant la victoire d’Emmanuel Macron. L’ancien Premier-ministre de Nicolas Sarkozy s’était vu accuser, par la presse puis par la justice, de détournement de fonds publics et d’avoir accordé des emplois fictifs à plusieurs membre de sa famille. Or, aujourd’hui c’est le candidat du Parti communiste qui se voit accusé de faits plus ou moins similaires. Fabien Roussel est en effet visé par une enquête du Parquet national financier (PNF) pour «détournement de fonds publics». Il est accusé d’avoir été payé, entre 2009 et 2014, comme assistant d’un député sans avoir réellement travaillé pour le Parlement. Le candidat communiste a immédiatement répondu qu’il s’attendait à «une partie de ball-trap» et que les «coups tombent» lors de la campagne présidentielle après l’ouverture d’une enquête du PNF le visant, une accusation qu’il conteste. Sur radio J, le candidat communiste s’est dit «confiant sur le fait que la réalité de mon travail auprès du député Jean-Jacques Candelier sera reconnue, car le travail que j’ai fait était un travail important». «Je savais bien qu’en me présentant à cette élection présidentielle, en suscitant une certaine sympathie et même une dynamique autour de la campagne que je porte, une partie de ball-trap serait ouverte. Les coups tombent, je m’y attendais, je me suis préparé», a insisté Fabien Roussel qui a connu une belle percée dans les sondages, passant de 2 % à près de 5 % dans certaines enquêtes. Après les accusations du média en ligne Mediapart, initialement publiées le 20 février, le PNF a confirmé il y a quelques jours avoir ouvert cette enquête des chefs de «détournement de fonds publics et recel de ce délit». «J’ai appris par la presse que je serai entendu, a indiqué M. Roussel dimanche. Pour l’instant, je n’ai rien reçu, mais bien entendu, je répondrai à toutes les convocations que je recevrai». Interrogé pour savoir si le candidat Insoumis Jean-Luc Mélenchon était derrière ces accusations, le député du Nord a répondu : «Je n’en sais strictement rien, mais ce que je sais, c’est qu’Edwy Plenel (directeur de la publication de Mediapart) a appelé à voter pour Mélenchon et que c’est le directeur du journal qui a fait cette enquête sur mon dos». Fabien Roussel a, par ailleurs, vigoureusement contesté le parallèle avec l’affaire Penelope Fillon qui a dynamité la campagne de 2017. «Vous rigolez ou quoi ? François Fillon, c’est de l’enrichissement personnel, il a embauché sa femme qu’il a payée 5 000 euros, ça n’a rien à voir avec moi, quand même», a-t-il déclaré, invitant les Français à «regarder le patrimoine des candidats à l’élection» et constater «qui s’enrichit en faisant de la politique». Toutefois, à quelques semaines du vote du premier tour, l’on sait que ce type d’accusations peuvent faire beaucoup de torts. Surtout que Roussel suscite de plus en plus d’enthousiasme à gauche et que de nombreuses personnalités médiatiques et artistiques se sont prononcées en sa faveur. Reste à voir si les électeurs seront sensibles aux accusations dont il est la cible, ou s’il réussira à percer et à dépasser la barre symbolique des 5 % au premier tour le 10 avril prochain.

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