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vendredi 7 octobre 2022

Félicitations

«Abad démission», «Darmanin démission» avaient été durant de nombreuses semaines le leitmotiv de plusieurs personnalités de la NUPES (Nouvelle Union et Populaire Sociale). Jean-Luc Mélenchon, le grand timonier de La France Insoumise, avait lui-même joué un rôle dans la campagne de décrédibilisation de plusieurs personnalités du gouvernement et du parti présidentiel. Se posant alors comme le chantre de la lutte contre les violences faites aux femmes, sa réaction surréaliste cette semaine lorsque l’un de ses proches est accusé de faits de violences domestiques est l’occasion pour Renaissance de rendre les «coups». La Première ministre Élisabeth Borne a ainsi jugé sans surprise «extrêmement choquant» le tweet de Jean-Luc Mélenchon dimanche en soutien à Adrien Quatennens qui a reconnu des violences conjugales. «C’est évidemment extrêmement choquant d’avoir quelqu’un qui banalise les violences intra-familiales», a déclaré Élisabeth Borne, interrogée sur la réaction du chef de file des Insoumis, en marge d’un point presse sur le 2e plan vélo dans la cour de Matignon. «On n’est pas à une outrance près, on va dire», a-t-elle ajouté, sans commenter davantage. Figure de la jeune garde de LFI, le député Adrien Quatennens, sous le coup d’une enquête après une main courante déposée sur des violences conjugales, a annoncé dimanche qu’il se mettait «en retrait de sa fonction de coordinateur du mouvement», reconnaissant des violences envers son épouse. Dans un premier temps, le leader des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé dans un tweet «la malveillance policière, le voyeurisme médiatique, les réseaux sociaux». Il a salué, en revanche, la «dignité» et le «courage» d’Adrien Quatennens, lui redisant sa «confiance» et son «affection», suscitant de vives critiques, y compris en interne. Quelques heures plus tard, l’ancien candidat à la présidentielle a essayé de corriger le tir : «Une gifle est inacceptable dans tous les cas. Adrien l’assume. C’est bien». Ainsi même en tentant de corriger son premier message Mélenchon trouve l’occasion de féliciter à nouveau son poulain pour des faits qui restent gravissimes et qui ont valu à d’autres des demandes de démission et de mise en départ de la vie publique. Mais au sein de la NUPES l’on est plus à cela près, alors que plus d’une dizaine de ses cadres et élus sont accusés de violences sexistes, de violences sexuelles ou de harcèlements. Peut-être que les responsables de l’alliance de gauche auraient dû être plus clairs et préciser que les «violences faites aux femmes» par leurs adversaires politiques étaient leur priorité et non pas les violences sexistes et sexuelles en général. Car pour ce qui est d’Adrien Quatennens il a été félicité des centaines de fois par son chef, ses collègues de la NUPES et des militants sur les réseaux sociaux pour avoir, et cela est bien la moindre des choses, «admis» avoir frappé et harcelé sa épouse.

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